Dakar — Le porte-parole du réseau international du Comité pour l'abolition des dettes illégitimes, Eric Toussaint, a encouragé les autorités sénégalaises à ne pas procéder à une restructuration de la dette, estimant que les conditionnalités du Fonds monétaire international (FMI) sont contraires aux intérêts des populations.
"Les autorités du Sénégal, le gouvernement, l'Assemblée nationale ont tout à fait raison de dire que la proposition du FMI de réaliser une restructuration de la dette sous ses auspices est contraire à l'intérêt du pays", a-t-il dit.
Intervenant au cours d'un panel sur la mobilisation de la communauté mondiale derrière l'appel à l'action du Sénégal, tenu à Dakar, dans le cadre de la conférence internationale sur la crise de la dette, l'activiste belge a déclaré que "le FMI impose, quand il restructure une dette, des conditionnalités qui vont à l'encontre de l'intérêt de la population".
La restructuration de la dette selon le FMI, signifie "plus de privatisation, plus d'augmentation de taxes à payer pour des gens humbles de la classe populaire, plus d'ouverture du marché intérieur qui expose les producteurs locaux par rapport aux exportateurs étrangers, etc", a-t-il ajouté.
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Pour toutes ces raisons, l'universitaire et avocat estime que "les autorités font bien d'insister sur le droit du Sénégal à récupérer sa souveraineté pour trouver des solutions qui conviennent réellement à la population sénégalaise".
"Il faut auditer avec la participation des citoyens du Sénégal les dettes réclamées au pays", a-t-il exhorté, soulignant qu'elles ont atteint "une proportion absolument énorme qui ne sert pas les intérêts de la population".
"Les dettes contractées servent à rembourser d'anciennes dettes qui, elles-mêmes, avaient un caractère odieux ou illégitime", a fait savoir l'ancien coordonnateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque.
Cela permettra, selon lui, de savoir ce qui relève de ces dettes et ce qu'il en est afin de pouvoir prendre la bonne résolution, consistant à "ne pas payer les dettes illégitimes et à continuer de rembourser les dettes justifiées".