Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), Médard Milandou Nsonga, a poursuivi, le 13 mai, sa tournée des organes de presse privés à Brazzaville avec une descente au siège du journal Les Dépêches de Brazzaville. Une visite axée sur les réalités du terrain et les attentes des médias à l'approche de la mise en oeuvre du Fonds d'appui à la presse prévu par le gouvernement.
Accompagné de quelques membres du bureau du CSLC, Médard Milandou a expliqué que la ronde vise avant tout à échanger avec les responsables des médias afin de mieux cerner les réalités du travail au quotidien ainsi que leurs difficultés. « Nous voulons savoir comment ça se passe chez vous, comment vous travaillez », a indiqué le président du CSLC. Selon lui, le futur fonds d'appui ne devra pas être perçu comme « de l'argent qu'on donne », mais comme un mécanisme destiné à répondre à des besoins précis exprimés par les médias eux-mêmes. Il a cité, à titre d'exemple, les difficultés liées aux équipements ou à l'alimentation électrique relevées dans certaines rédactions visitées.
Prenant la parole en présence de la directrice générale des Dépêches de Brazzaville, Raïssa Angombo, et de quelques membres de la rédaction, Emile Gankama, directeur des rédactions de ce journal, a dressé un tableau sans détour des difficultés traversées par le groupe de presse dirigé avec dextérité par Jean-Paul Pigasse depuis 1998. « Si nous n'étions pas une entreprise sérieuse et résiliente, vous ne seriez peut-être pas venus ici aujourd'hui », a-t-il déclaré, saluant la bravoure de ses équipes malgré une période particulièrement difficile sur le plan économique.
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Face à ces contraintes, le quotidien avait réduit temporairement son rythme de parution à trois éditions hebdomadaires qui reviendra à cinq parutions comme auparavant d'ici là. Emile Gankama a aussi tenu à rappeler que Les Dépêches de Brazzaville ne se limitent plus à leur version papier. « Nous sommes un média en ligne, avec un site web actualisé et une télévision numérique, Adiac TV », a-t-il souligné.
Concernant le futur fonds d'appui, le journal entend soumettre des besoins essentiellement matériels, sans exclure des formations pour accompagner l'évolution du métier. Le directeur des rédactions a plaidé, par ailleurs, pour que l'unique quotidien du pays soit traité comme l'ensemble des médias privés éligibles avant de remercier le CSLC pour sa visite dont il estime ne pas être la dernière.
Créé dans la loi de finances 2025 et doté de 600 millions francs CFA, le Fonds d'appui à la presse entend soutenir les médias publics et privés confrontés à la précarité du secteur. Le CSLC, désormais dirigé par Médard Milandou Nsonga depuis sa nomination en août 2025, entend jouer un rôle de veille dans le processus de répartition équitable.
Notons qu'avant son passage aux Dépêches de Brazzaville, la délégation du CSLC s'était déjà rendue chez Tsieleka Media, Go TV, puis devra poursuivre la tournée vers d'autres structures comme La Semaine africaine, L'Horizon, DRTV et Vox TV. Le président du CSLC a rappelé que cette réflexion ne concerne pas uniquement les médias de Brazzaville, mais aussi ceux des autres villes du pays. En outre, il a relevé la nécessité d'associer les organisations professionnelles, notamment Journalisme et éthique Congo et les collectifs de médias, afin d'assurer une répartition transparente et équitable du fonds.