L'Initiative stop désinformation, à travers le projet « Stop lokuta », a organisé le 13 mai à Brazzaville une activité de sensibilisation destinée aux jeunes sourds. Par une exposition artistique intitulée « Pour voir vrai », les organisateurs ont voulu utiliser le dessin et les arts visuels pour éveiller l'esprit critique des participants face aux fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux.
La lutte contre la désinformation prend désormais une dimension inclusive en République du Congo. L'association Initiative stop désinformation, en partenariat avec Fact-Check Congo, a réuni plusieurs jeunes sourds autour d'une exposition artistique baptisée « Pour voir vrai ». Cette initiative, portée par le projet « Stop lokuta », visait à sensibiliser cette catégorie souvent marginalisée aux dangers des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram et TikTok.
Pour les organisateurs, l'objectif était de rendre accessible l'éducation aux médias et à l'information aux personnes vivant avec un handicap auditif, grâce à des supports visuels et artistiques. Selon Laura Tchicaya, chargée du projet Initiative stop désinformation, cette campagne répond à la nécessité de lutter contre le désordre informationnel devenu omniprésent à l'ère du numérique. Elle a expliqué que de nombreuses informations erronées circulent quotidiennement sur les réseaux sociaux et influencent particulièrement les jeunes. D'où l'importance, selon elle, de développer l'esprit critique et d'encourager les internautes à vérifier les contenus avant de les partager.
Pour Laura Tchicaya, cette action a revêtu également un caractère inclusif. Elle a estimé que les campagnes de sensibilisation à l'éducation aux médias touchent rarement les personnes sourdes ou malentendantes. À travers l'art et les images, l'association entend donc transmettre le message au-delà des publics habituellement ciblés.
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L'exposition a été réalisée par l'artiste plasticienne et enseignante en arts plastiques, Jussie Nsana. À travers plusieurs tableaux illustratifs, elle a mis en scène des situations liées aux fausses nouvelles qui envahissent les plateformes numériques. Parmi les oeuvres présentées figurait notamment le cas d'une influenceuse annoncée morte sur les réseaux sociaux alors qu'elle était encore en vie. Une manière, selon l'artiste, de montrer les conséquences psychologiques et sociales de la désinformation.
Les participants, de leur côté, ont partagé leurs expériences personnelles avec les contenus trompeurs diffusés sur les réseaux sociaux. Rodney Alvny Ngoma a expliqué avoir été profondément marqué par des images de guerre et des publications alarmantes qui circulent en ligne. Selon lui, certaines informations diffusées sur Internet provoquent la peur et l'angoisse, précisément chez les jeunes. Un autre participant, Saiga Owen Kizingou, a reconnu avoir déjà relayé de fausses informations sur une supposée guerre au Congo. Il a affirmé regretter aujourd'hui cet acte après avoir pris conscience des conséquences de la désinformation.
À l'issue de cette activité, plusieurs jeunes ont pris l'engagement de vérifier les informations avant toute publication sur les réseaux sociaux. Une démarche que les organisateurs considèrent comme une première victoire dans leur combat contre la désinformation au Congo.