À la suite de l'agression subie par le personnel du SAMU dimanche dernier à Petite-Rivière, plusieurs syndicats du secteur de la santé ont tenu une conférence de presse hier mercredi 13 mai à l'hôtel St-George à PortLouis. Médecins, infirmiers, chauffeurs et représentants syndicaux affiliés ont affiché un front commun afin de dénoncer la recrudescence des violences envers le personnel médical.
Parmi les intervenants figuraient le Dr Ryad Sham, président de l'Emergency Medicine Doctors Union (EMDU), Rajah Boodia, président de la Ministry of Health Transport Workers Union (MHTWU), Radhakrishna Sadien, négociateur de l'EMDU, le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), le Dr Rajah, secrétaire de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA), le Dr Seesaha, secrétaire de la Medical and Health Officers Association (MHOA), Pratima Nundram, secrétaire de la Nurses Union, le Dr Moonsamy, secrétaire de la Public Health Doctors Union et le Dr Farhad Aumeer.
Le Dr Sham a déclaré que les urgentistes et ambulanciers travaillent désormais dans un climat de peur permanent. Même la Special Mobile Force, dit-il, dépend de l'intervention du SAMU lors d'incidents majeurs, preuve du rôle essentiel des équipes médicales d'urgence. Le Dr Aumeer, aussi membre du Parlement, a qualifié cette agression de «traumatisme» non seulement pour les victimes, mais aussi pour leurs familles. Il a plaidé pour la mise en place d'une assurance spéciale destinée au personnel soignant blessé dans l'exercice de leurs fonctions.
Le médecin député a insisté sur la nécessité d'un meilleur accompagnement psychologique et financier des victimes, notamment pour les traitements spécialisés ou rééducations coûteuses. Selon lui, au moins deux cas d'agressions verbales ou physiques sont recensés chaque semaine dans les établissements de santé, soit une centaine par an.
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Il a demandé des actions concrètes, une communication renforcée dans les hôpitaux et des sanctions exemplaires contre les agresseurs. «La violence contre ceux qui sauvent des vies est inacceptable», a-t-il martelé. Pour le Dr Sewsurn, président de la MHOA et de la FCSOU, la situation est devenue intenable. «On nous pousse vers des actions syndicales et cela pourrait aller au détriment du bon fonctionnement du système de santé», prévient-il. Il estime que les autorités doivent rapidement renforcer les mesures de sécurité dans les hôpitaux, centres de santé et ambulances afin de protéger les travailleurs en première ligne.
Clichés de l'ambulance endommagée et du personnel molesté à Petite-Rivière
Selon Rajah Boodia, président du MHTWU, il est injuste et anormal que des infirmiers et infirmières quittent chaque jour leur domicile en uniforme pour aller travailler et être victimes d'agressions physiques ou verbales de la part de patients, de proches ou même de personnes extérieures aux familles des malades. Il a dénoncé une banalisation inquiétante de la violence dans les établissements de santé et a appelé à davantage de respect envers le personnel soignant, qui travaille souvent dans des conditions difficiles et sous forte pression.
Selon Radhakrishna Sadien, il s'agit d'une profonde injustice envers les travailleurs du secteur de la santé, qui assurent un service essentiel à la population jour et nuit. Il a souligné que plusieurs employés hésitent désormais à effectuer certaines interventions, craignant pour leur sécurité.
Le négociateur de l'EMDU a également demandé une révision des protocoles de sécurité, l'installation de systèmes de surveillance supplémentaires dans les services sensibles et une présence policière accrue dans les zones à risque. Les syndicats ont, par ailleurs, réclamé une tolérance zéro face aux violences contre le personnel médical et une meilleure reconnaissance du travail accompli par les équipes de santé à travers le pays.