Lors des Parliamentary Questions, Ram Etwareea a défendu une vision ambitieuse pour l'avenir économique du pays, axée sur la recherche, l'innovation et la valorisation de la biodiversité mauricienne. Saluant la création annoncée d'un institut de recherche et d'innovation, il a estimé qu'une telle structure aurait dû voir le jour depuis longtemps afin de préparer « l'économie de demain ».
Selon lui, les piliers traditionnels de la croissance - notamment la canne à sucre, le textile, les services financiers et l'immobilier - atteignent progressivement leurs limites. Il considère désormais que «l'innovation sera la nouvelle richesse des nations». Maurice, malgré l'absence de grandes ressources naturelles, disposerait ainsi d'un capital intellectuel capable de soutenir une économie fondée sur la connaissance, la créativité et les compétences locales.
Le parlementaire a particulièrement insisté sur le potentiel de la biodiversité mauricienne. Il a rappelé que 39 % des plantes présentes sur l'île sont endémiques et que 315 espèces possèdent un potentiel médicinal reconnu. Citant des données de l'Organisation mondiale de la santé, il a également souligné que 25 % des médicaments modernes proviennent des plantes. Pour lui, ces chiffres démontrent que Maurice pourrait développer une véritable industrie autour des plantes médicinales, créatrice de richesse et d'emplois qualifiés.
Ram Etwareea a qualifié cette biodiversité de «pétrole vert» de Maurice, estimant qu'elle pourrait devenir un levier stratégique de croissance à long terme. Il a toutefois mis en garde contre les risques de biopiraterie, dénonçant l'exploitation de ressources naturelles et de savoirs traditionnels par des entreprises étrangères sans retombées suffisantes pour le pays.
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Il a également regretté l'absence d'un système robuste de protection de la propriété intellectuelle liée à la biodiversité locale. Parmi les lacunes évoquées figurent l'absence d'un registre centralisé des plantes et des brevets, le manque de suivi des recherches universitaires ainsi que l'absence de brevets mauriciens majeurs durant la dernière décennie. Il a aussi déploré que certaines entreprises étrangères puissent déposer des brevets à partir de ressources biologiques mauriciennes.
Le député a rappelé que Maurice a signé le Protocole de Nagoya, qui prévoit un partage équitable des bénéfices liés aux ressources génétiques, mais que celui-ci n'a pas encore été pleinement intégré dans la législation nationale. Selon lui, cette situation fragilise la capacité du pays à protéger ses richesses naturelles et intellectuelles.
Ram Etwareea a par ailleurs insisté sur la nécessité d'assurer la transparence du futur institut de recherche et d'innovation. Il propose la publication annuelle d'un rapport d'impact détaillant les investissements réalisés, les résultats obtenus, les brevets déposés et les partenariats conclus. «La science publique doit rendre des comptes à la nation», a-t-il soutenu.
Le parlementaire a également plaidé pour une coopération internationale équilibrée afin de renforcer les capacités mauriciennes en matière de recherche. Il a cité trois partenaires stratégiques : la Chine, leader mondial des dépôts de brevets, l'Inde, reconnue pour ses modèles d'innovation adaptés aux pays en développement, ainsi que les pays africains confrontés aux mêmes défis liés à la santé, au climat et à l'énergie propre.
Enfin, Ram Etwareea a affirmé que le futur institut ne devra pas être réservé à une élite scientifique. Selon lui, il devra réunir chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et jeunes talents afin de proposer des solutions concrètes aux défis du quotidien. Il estime que Maurice ne doit pas manquer «la révolution du brevet» du XXIe siècle, qu'il considère comme l'un des principaux moteurs de la croissance économique future.