La célébration de la Journée internationale des infirmiers, organisée le mardi 12 mai au Plaza à Rose-Hill, a réuni des centaines d'infirmiers, d'étudiants, de responsables de santé et de personnalités officielles autour du thème Our Nurses, Our Future.
L'événement a également été l'occasion de remettre des certificats de l'International Council of Nurses (ICN) Leadership for Change (LFC) Programme, qui est destiné à renforcer les compétences en leadership des professionnels de santé.
Les intervenants ont rendu hommage au dévouement des infirmiers, tout en soulignant les difficultés croissantes auxquelles fait face le secteur de la santé à Maurice. Le président de la Nursing Association, Ram Nowzadick, a rappelé que les infirmiers demeurent «le coeur du système de santé». Il a insisté sur la nécessité d'investir davantage dans la formation, la spécialisation et le recrutement afin de faire face au manque chronique de personnel.
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Le syndicaliste a également dénoncé les longues heures de travail, l'épuisement professionnel et la montée des violences envers le personnel hospitalier. Selon lui, plusieurs infirmiers quittent aujourd'hui le pays à la recherche de meilleures conditions de travail à l'étranger, aggravant ainsi la pénurie dans les hôpitaux locaux. Il a aussi réclamé l'instauration d'un jour férié officiel à l'occasion de la Journée internationale des infirmiers, afin de reconnaître la contribution essentielle des soignants dans le pays.
Moment particulièrement poignant de la cérémonie : l'hommage rendu à Rishan Aserigadu, infirmier de 44 ans décédé dans un accident de la route après avoir effectué des heures supplémentaires à l'hôpital. Une minute de silence a été observée en sa mémoire, saluant un professionnel décrit comme «un homme de devoir et de compassion».
«Les combats invisibles»
Gabriella Batour a salué «le courage silencieux» des infirmiers, qui travaillent parfois durant 24 à 48 heures consécutives en raison du manque d'effectifs. Elle a souligné que la profession est bien plus qu'un métier, mais «une vocation fondée sur l'humanité, la patience et le sacrifice».
Le vice-président de la République, Robert Hungley, a pour sa part évoqué les défis structurels du système de santé. Il a indiqué que Maurice compte environ 36 infirmiers et sage-femmes pour 10 000 habitants, un chiffre supérieur à la moyenne régionale, mais insuffisant face à l'augmentation des besoins médicaux et au vieillissement de la population.
Il a également mis en garde contre la vague de départs des professionnels de santé vers des pays comme l'Australie et le Canada, attirés par de meilleures rémunérations et conditions de travail. Le vice-président a plaidé pour davantage d'investissements dans la formation, des infrastructures modernes et l'amélioration des conditions d'emploi.
Samuel Alcide, infirmier responsable à l'hôpital Jeetoo
La cérémonie a aussi mis en lumière la réussite académique des infirmiers ayant complété le programme Leadership for Change. Plusieurs diplômés ont partagé leur expérience. Samuel Alcide, Charge Nurse à l'hôpital Jeetoo, a expliqué que cette formation lui a permis de développer ses compétences en leadership, en communication et en gestion de crise.
Babeeta Bhivah, infirmière
Pour l'infirmière Babeeta Bhivah, cette journée symbolise «les combats invisibles derrière chaque patient», rappelant que les équipes soignantes doivent parfois gérer jusqu'à 35 patients avec seulement deux infirmiers de garde la nuit.