Sud-Soudan: Les États-Unis imposent des restrictions de visa aux dirigeants qui ont «compromis la paix»

Le 12 mai 2026, le ministère des Affaires étrangères des États-Unis (Département d'État) a annoncé prendre « des mesures pour imposer des restrictions de visa aux membres du gouvernement de transition du Soudan du Sud ». Ce pays, qui s'est séparé du Soudan en 2011 à l'issue de deux guerres sur près de quatre décennies contre Khartoum, a ensuite sombré dans une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de l'actuel président Salva Kiir à celles de son ex vice-président déchu et en détention Riek Machar.

Au Soudan du Sud, les États-Unis ont annoncé mardi avoir pris de nouvelles sanctions à l'encontre de dirigeants qu'ils accusent de corruption et de sabotage de la paix.

L'annonce fait beaucoup réagir au Soudan du Sud, qui connait une recrudescence de combats depuis le début de l'année, avec 300 000 personne déplacées et une aggravation de la situation humanitaire.

Depuis des mois, les États-Unis expriment leur exaspération face aux actions du gouvernement de transition du Soudan du Sud, ce pays dont ils ont tant oeuvré à la naissance en 2011. Marco Rubio, secrétaire d'État, s'en prend à ces personnes qui ont « compromis la paix au Soudan du Sud, notamment en entravant l'accord de cessez-le-feu et en se livrant à des actes de corruption qui ont alimenté le conflit ».

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Une société proche d'une fille du président mise en cause

Les actions des dirigeants visés « laissent le pays au bord d'un retour à la guerre totale », déclare-t-il, pointant du doigt « les Forces armées sud-soudanaises contrôlées par le président Salva Kiir [...] qui ont créé les conditions d'une famine dans de vastes régions du pays ».

La société Crawford Capital, proche de la fille du président, Adut Salva Kiir, est la seule entité citée nommément lors de l'annonce de ces sanctions. Selon l'administration américaine, cet acteur central dans la gestion des taxes et paiements en ligne pour le compte du gouvernement, fait partie des structures qui « ont siphonné de l'argent du trésor du Soudan du Sud et volé des fonds d'aide étrangère destinés à soutenir le peuple sud-soudanais ».

Le 30 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé d'un an la Mission de maintien de la paix des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), réduisant toutefois le nombre maximal de « casques bleus » autorisés malgré les objections de plusieurs États.

Depuis son indépendance, le Soudan du Sud est le théâtre d'une série de conflits meurtriers. Il connaît ces dernières semaines une recrudescence des combats entre forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et milices d'opposition fidèles à Riek Machar, le vice-président suspendu de ses fonctions et assigné à résidence depuis un an.

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