Au Sénégal, les boulangers tirent la langue et menacent de mettre la clé sous la porte si le prix de la baguette, fixé par l'État, n'est pas revu à la hausse pour atteindre 200 francs CFA (30 centimes d'euro). En cause, des coûts de production qui augmentent. Le prix de la baguette établi en 2024 à 150 francs CFA (22 centimes d'euro) par l'État, n'est plus tenable selon eux.
C'était la première mesure et promesse phare des autorités fraîchement arrivées au pouvoir au Sénégal en 2024 : celle de baisser le prix des denrées de première nécessité, dont le pain.
En juin 2024, la baguette était donc passée de 175 à 150 francs CFA seulement. Une baisse obtenue au forceps, assure le principal syndicat du secteur, en échange de mesures d'accompagnement, comme celle de mieux contrôler l'ouverture de nouvelles boulangeries pour éviter une trop grande proximité entre les commerces, ou encore interdire la vente du pain dans des boutiques non-agréées.
« Elles sont vendues à perte »
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Mais deux ans plus tard, aucune de ces promesses n'a été réalisée, assure Amadou Gaye, à la tête du principal syndicat des boulangers, la Fédération nationale des boulangers du Sénégal.
Dans le même temps le prix de la levure a augmenté, tout comme celui du diesel qui sert à alimenter les fours, suite à une pénurie auprès des compagnies pétrolières. Désormais, « les baguettes sont vendues à perte », assure Amadou Gaye, ce qui met en péril, selon lui, de plus en plus de boulangeries sur les 2 500 que compte le pays.
Hausse de prix ou baisse de la TVA
La Fédération nationale des boulangers demande donc le droit d'augmenter le prix de la baguette à 200 francs CFA pour un pain de 210 grammes, une mesure particulièrement impopulaire. Ou, à défaut, de supprimer la TVA sur les factures d'électricité.
Pas évident, à l'heure où le Sénégal a besoin de toutes ses recettes fiscales pour faire face à une dette publique vertigineuse.
Le pays ouest-africain est confronté à une situation économique préoccupante avec une dette du secteur public et parapublic estimée à 132% du PIB à fin 2024.