Tunisie: Alerte Hantavirus - Souche interhumaine rare détectée et le virus est fatal pour cette tranche d'âge

L'Organisation mondiale de la santé a confirmé l'apparition de cas de hantavirus de la souche Andes, une variante d'Amérique du Sud exceptionnellement transmissible entre humains, à bord du paquebot MV Hondius. Alors que l'épidémie a déjà fait trois morts, une récente étude scientifique met en lumière la vulnérabilité surprenante des adolescents face à cette pathologie hautement mortelle.

L'Organisation mondiale de la santé a officiellement tiré la sonnette d'alarme concernant la nature de l'épidémie qui s'est déclarée à bord du navire de croisière MV Hondius. Les analyses de laboratoire ont en effet confirmé que la souche virale découverte chez huit des passagers infectés est la tant redoutée souche Andes, une forme de hantavirus capable de se transmettre directement d'homme à homme.

Le bilan provisoire publié par l'organisation fait état de onze cas signalés, parmi lesquels on a déjà enregistré trois décès. Outre les huit infections formellement confirmées, les autorités sanitaires surveillent de près deux autres cas suspects. La situation n'est pas encore tranchée mais fait l'objet d'examens complémentaires. L'un de ces deux derniers cas concerne un ressortissant américain, actuellement asymptomatique et hospitalisé dans le Nebraska et dont les premiers tests environnementaux ont donné des résultats contradictoires en laboratoire.

Ainsi bien que le hantavirus appartienne à un groupe de pathogènes qui se transmettent traditionnellement à l'homme par l'inhalation de particules de salive, d'urine ou d'excréments de rongeurs contaminés, la souche Andes se distingue par sa dangerosité interhumaine. Toutefois, face à la configuration de cette épidémie maritime, les experts de la santé penchent plutôt pour une source de contamination initialement environnementale ou une exposition indirecte aux rongeurs à bord du navire, écartant pour le moment l'hypothèse d'une propagation généralisée et incontrôlée entre les voyageurs.

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Cette situation relance néanmoins le débat sur la gestion des risques sanitaires dans les espaces confinés et la rapidité de prise en charge des fièvres hémorragiques, dont l'évolution s'avère particulièrement agressive chez certaines catégories de la population.

Les adolescents, maillon faible de la chaîne

Par ailleurs, une étude scientifique de grande ampleur menée pendant dix ans par des chercheurs brésiliens vient d'apporter un éclairage crucial sur la mortalité de ce virus, révélant que le taux de létalité le plus élevé est enregistré chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans. Les données de cette recherche, qui a analysé 177 cas d'infection ayant nécessité une hospitalisation dans près de 90 % des situations, montrent que près de la moitié des jeunes touchés succombent à la maladie, tandis que les patients de plus de 65 ans affichent paradoxalement le taux de mortalité le plus bas.

Selon les immunologues, cette disparité s'explique par la vigueur de la réponse immunitaire chez les adolescents, qui déclenche une réaction inflammatoire si intense qu'elle aggrave les symptômes de la fièvre hémorragique au lieu de la combattre. Associée à une exposition accrue des jeunes aux milieux extérieurs et à de fréquents retards de diagnostic malgré l'apparition rapide des premiers maux de tête, fièvres et douleurs musculaires, cette hyper-réactivité biologique rend l'intervention médicale d'extrême urgence absolument vitale.

 

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