Le conflit entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda a ouvert un nouveau front, diplomatique cette fois, et mené en français.
La date limite de dépôt des candidatures pour la direction de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) était fixée à ce vendredi. Les deux pays ont chacun présenté un candidat pour le poste de secrétaire général, transformant une organisation culturelle représentant plus de 320 millions de francophones dans 90 États en nouveau théâtre de leur confrontation géopolitique, rapporte Mena Today.
La secrétaire générale sortante du Rwanda, Louise Mushikiwabo, élue en 2018 avec le soutien de la France et réélue en 2022, brigue un troisième mandat, au nom de la continuité et de la modernisation.
Le Congo lui oppose Juliana Lumumba, ancienne ministre de la Culture et fille du héros de l'indépendance Patrice Lumumba, une candidature à la charge symbolique considérable. La Mauritanienne Coumba Ba et l'ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également en lice.
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Le contexte est impossible à ignorer. Les rebelles AFC/M23, soutenus selon Kinshasa par Kigali, ce que le Rwanda dément, ont pris le contrôle de Goma et Bukavu début 2025. Les combats se poursuivent malgré les efforts de médiation des États-Unis, du Qatar et du Togo mandaté par l'Union africaine.
Kinshasa insiste : la course à l'OIF n'est pas une affaire de tensions bilatérales. « Cette élection n'est pas une rivalité entre États », affirme le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya. Kigali tient le même discours. Les deux pays présentent pourtant des candidats précisément parce qu'elle l'est.
Avec 100 millions d'habitants, la RDC est le plus grand pays francophone du monde, un argument démographique que Kinshasa déploie avec force.
Le nouveau secrétaire général sera désigné lors du sommet de Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026.