Amine Benrachid, acteur tchadien et sud-soudanais, est à de Cannes en tant que membre du jury qui décerne le Prix de la Citoyenneté, l'un des prix parallèles du Festival. C'est à 17 ans qu'il a quitté le Tchad, direction la Libye afin d'atteindre l'Europe. Après un an passé en Libye - dont quatre mois en détention forcée - il a pris la mer à bord d'un pneumatique vers l'Italie. Six mois plus tard, il a traversé la frontière à pied vers la France où il s'est établi. Le cinéma est arrivé dans sa vie par pur hasard alors qu'il suivait une formation d'éducateur.
C'est en allant à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), pour établir son dossier en tant que réfugié politique qu'Amine Benrachid croise les pas d'un homme.
Interpellé par son visage et sa taille, il lui propose une séance photos, explique l'intéressé : « Quand je suis arrivé à Paris, j'avais un rendez-vous. Et dans le métro, il y avait un photographe qui m'a arrêté pour faire des photos avec moi. Moi je lui dis que je n'ai jamais fait de photos de ma vie. Mais pourquoi pas ? Mais j'avais un rendez-vous vraiment urgent. Donc, il m'a laissé sa carte de visite. Et j'ai commencé à faire des photos tout au long de 2019. Quand le Covid-19 est arrivé, il m'avait fait faire des shootings et des fashions et donc c'est comme ça que je suis arrivé dans le cinéma. J'ai fait des castings et je suis content aujourd'hui. »
Autant dire que c'est un parcours où le réel et le cinéma se chevauchent. Depuis 2020, Amine Benrachid enchaîne en effet les rôles, comme dans La Voix des autres ou Voyages en têtes étrangères.
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Un film sur sa propre histoire
Dans son dernier film, il partage l'affiche avec Hiam Abbas dans Seuls les rebelles de la Franco-Libanaise Danielle Arbid. Il y joue le rôle d'un travailleur soudanais opprimé. Ce film a fait l'ouverture du Panorama à la Berlinale en février dernier et sortira en France le 24 juin.
Il jouera aussi très prochainement dans trois nouveaux films. Et ce n'est pas tout, il tient à raconter sa propre histoire, et son parcours depuis son départ du Tchad. Il en a déjà écrit le scénario et espère pourvoir le tourner en 2027.
Amine Benrachid avec la réalisatrice Danielle Arbid (à gauche) au Berlin International Film Festival.