Les difficultés qui secouent actuellement le secteur du transport ont été au cœur d'une rencontre entre le ministre du Travail, Reza Uteem, et les représentants de l'Union of Bus Industry Workers (UBIW), mercredi, dans les locaux du ministère. Plusieurs problématiques touchant les travailleurs des transports publics ont été abordées, notamment les retards enregistrés au niveau de la Commission de conciliation et de médiation (CCM), les réformes institutionnelles, la sécurité au travail ainsi que les négociations salariales toujours en suspens.
Le négociateur de l'UBIW, Ashvin Gudday, a salué la rapidité avec laquelle le ministre a accepté cette rencontre. «Je tiens à préciser d'emblée que le ministre a été très réceptif à notre demande et qu'il nous a rencontrés rapidement», a-t-il souligné. Lors des échanges, les syndicalistes ont mis l'accent sur les nombreux défis auxquels les travailleurs du secteur sont confrontés. Parmi les principales préoccupations figure le blocage de plusieurs litiges devant la CCM.
Selon l'UBIW, les négociations autour des accords collectifs stagnent depuis plusieurs mois, les compagnies de transport affirmant ne pas disposer des ressources financières nécessaires pour accorder des augmentations salariales. «Les travailleurs attendent depuis longtemps. Il faut que les institutions puissent mieux fonctionner afin de protéger les employés et permettre un traitement plus rapide des dossiers», a expliqué Ashvin Gudday. Le syndicat a également sollicité une rencontre avec le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, afin de discuter des réformes annoncées dans le secteur, notamment l'introduction du Fleet Management.
Au-delà des questions salariales, plusieurs autres sujets ont été évoqués avec le ministre du Travail. Les représentants syndicaux ont insisté sur la nécessité d'apporter des amendements à la législation du travail et de renforcer certaines institutions publiques.
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Les enjeux liés au Health and Safety ont aussi occupé une place importante dans les discussions. L'UBIW estime qu'un meilleur suivi médical des employés est indispensable. «Des check-up réguliers doivent être effectués pour assurer la sécurité et l'avenir des travailleurs», a fait ressortir le syndicat, qui plaide également pour que la priorité d'embauche soit accordée aux Mauriciens avant le recrutement de travailleurs étrangers. Le recours aux Relief Workers a aussi été proposé comme piste de solution.
Le dossier du National Remuneration Board et la révision des Remuneration Orders ont également été soulevés, tout comme la revendication autour de la semaine de 40 heures. Les syndicalistes ont en outre dénoncé une disparité entre les secteurs public et privé lors des épisodes de pluies torrentielles. L'UBIW a rappelé qu'un travailleur avait perdu la vie il y a quelques années dans des conditions météorologiques difficiles. Depuis, certaines revendications syndicales ont permis la mise en place de mesures de sécurité après les alertes cycloniques avant la reprise normale des activités.
À l'issue de cette rencontre, le syndicat dit espérer des avancées concrètes. «Les lourdeurs administratives persistent et il faut accélérer les procédures. Nous souhaitons aussi davantage de formation pour les officiers afin d'améliorer les services», affirme Ashvin Gudday. L'organisation estime enfin qu'un meilleur système de transport collectif demeure essentiel dans le contexte actuel de crise énergétique et réitère l'importance des discussions autour de la promesse d'un transport gratuit accessible à tous.