Madagascar: Déclaration - La conférence des évêques sonne le tocsin

Les évêques catholiques de Madagascar ont exprimé leurs inquiétudes face à la conduite des affaires publiques. Ils interpellent les dirigeants comme l'ensemble des citoyens, dans un contexte marqué par des tensions sociopolitiques persistantes.

Réunis dans le cadre de leur assemblée générale annuelle, les membres de la Conférence des évêques de Madagascar dressent un constat préoccupant de la situation nationale. Dans une déclaration rendue publique mercredi, ils alertent sur les incertitudes entourant l'avenir du pays, notamment dans le contexte du processus de refondation engagé par les autorités actuelles.

Les prélats regrettent l'absence d'une vision politique qu'ils jugent claire, cohérente et structurée. Selon eux, les orientations actuelles semblent se limiter à des perspectives de court terme et à des initiatives de concertation dont les contours demeurent imprécis. Une situation qui nourrit, estiment-ils, les inquiétudes d'une partie de la population en quête de repères et de perspectives durables.

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Les évêques reconnaissent toutefois certains efforts entrepris par les autorités, notamment dans la gestion des problèmes sociaux. Ils évoquent la réduction des coupures d'électricité ainsi que la reprise des travaux de réhabilitation des infrastructures routières. Mais ces avancées, qu'ils considèrent encore insuffisantes, demeurent selon eux éclipsées par la persistance de pratiques qu'ils qualifient d'« anciennes ».

Parmi les sujets de préoccupation mentionnés figurent la hausse continue du coût de la vie, qui pèse sur les ménages, ainsi que certaines décisions politiques controversées, notamment la nomination de personnalités déjà désavouées par le passé. Les évêques dénoncent également des actes d'intimidation et des arrestations qu'ils jugent abusives, susceptibles d'accentuer les tensions politiques et sociales.

Concertation nationale

«Renouveau et refondation : vers où allons-nous ?», interrogent-ils, estimant que toute démarche de refondation devrait s'appuyer sur une politique de développement inclusive, équitable et orientée vers l'intérêt général. Ils appellent également à faire des diversités du pays une richesse commune plutôt qu'un facteur de division. Dans cette perspective, les prélats exhortent les responsables politiques à tirer les leçons des crises successives qu'a traversées Madagascar.

Concernant la concertation nationale envisagée, la Conférence des évêques estime qu'elle devrait être conduite par des personnalités crédibles et dignes de confiance, capables de garantir une participation large et inclusive. Les prélats mettent en garde contre toute récupération politique et appellent à dépasser les intérêts partisans, régionaux ou individuels au profit du bien commun.

Ils soulignent également que cette concertation ne peut être dissociée du processus électoral. Selon eux, une préparation rigoureuse et consensuelle des prochaines échéances électorales demeure essentielle afin de garantir des résultats acceptés par tous et de prévenir de nouvelles crises postélectorales.

Au-delà des autorités, le message s'adresse à l'ensemble du peuple malgache. Les évêques insistent sur l'importance de l'unité nationale, rappelant que le pays ne peut se construire dans la division. Une attention particulière est accordée à la jeunesse, considérée comme un pilier de l'avenir national. Les prélats l'invitent à se projeter au-delà des difficultés du présent avec responsabilité et engagement. « Soyez des jeunes constructeurs et non des destructeurs », lancent-ils.

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