Le Chef de l'État a bouclé son déplacement continental par une visite officielle en République du Congo, mercredi. Il explique sa démarche par un lobbying auprès de ses homologues africains.
Le mot est lâché. Le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l'État, parle de lobbying auprès de ses homologues pour expliquer son déplacement en Afrique, cette semaine. Un voyage présidentiel qui s'est conclu par une visite officielle en République du Congo ou au Congo-Brazzaville, mercredi.
« En quelque sorte, nous sommes en train de faire du lobbying. C'est la première étape. La participation à l'Africa Forward, au Kenya, est déjà importante. Mais il est également bénéfique de rencontrer les dirigeants africains comme nous le faisons actuellement, afin d'obtenir leur soutien dans ce processus de refondation que nous menons. Et lorsque Madagascar obtient l'appui de ses amis africains, le processus peut avancer, et il ne faudra pas longtemps avant que nous nous dirigions vers les élections», déclare l'officier supérieur.
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Le locataire d'Iavoloha a atterri en République du Congo, mercredi. Il a été reçu par son homologue congolais, Denis Sassou N'Guesso, à Oyo, sa ville natale. De prime abord, la réhabilitation de Madagascar auprès des instances de l'Union africaine a donc été parmi les principaux sujets de discussions entre les deux Chefs d'État. La Grande île étant exclue des activités de l'organisation continentale depuis la prise de pouvoir des militaires, en octobre 2025.
Cette suspension a été décidée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, le 15 octobre. Une décision qui fait suite à un communiqué publié le 13 octobre, où le CPS-UA a affirmé qu'il « rejetait catégoriquement toute tentative de changement anticonstitutionnel du gouvernement dans le pays [à Madagascar] ».
Élections
Visiblement, le colonel Randrianirina estime que la participation au Sommet « Africa Forward » est une étape encourageante pour atteindre l'objectif diplomatique d'être réhabilité auprès de l'UA. Contrairement à d'autres, Madagascar y a été invitée bien qu'étant sanctionnée par l'Union africaine. Une présence que la présidence de la Refondation de la République qualifie de « reconnaissance internationale ».
Le locataire d'Iavoloha a également eu plusieurs rencontres bilatérales en marge de ce Sommet, dont Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA. « Le président de la Commission a réaffirmé la disponibilité de l'institution à accompagner Madagascar durant sa transition en vue du retour à l'ordre constitutionnel ainsi que de sa réintégration dans l'Union africaine», rapporte le communiqué de l'organisation continentale sur cette rencontre.
Jusqu'à l'heure, la position de l'UA est que la sanction ne sera levée qu'une fois l'élection présidentielle faite. Sur ce point, le locataire d'Iavoloha se veut rassurant. En réponse à la presse congolaise, mercredi, il a déclaré « nous projetons d'organiser l'élection vers la fin 2027 ». À l'entendre, les dates des élections, notamment du référendum constitutionnel et de la présidentielle, dépendent du déroulement de la refonte de la liste électorale.
Thierry Rakotonarivo, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a déjà fait part d'une prévision pour les échéances électorales.
« Il est prévu que cette refonte de la liste électorale s'achève le 25 avril 2027. Ces actions permettront d'organiser le référendum au mois de juin 2027, ainsi que l'élection présidentielle au mois d'octobre 2027 ». Néanmoins, selon les dispositions électorales en vigueur, il appartient au gouvernement d'acter le calendrier électoral par un décret de convocation des électeurs.
Par ailleurs, en parallèle à la refonte de la liste électorale, se tiendra le processus des concertations nationales, dont celle sur la gouvernance électorale. Le document intitulé Programme de la refondation de la République affirme le caractère « souverain » des décisions des concertations nationales. L'éventualité d'un bouleversement de chronogramme n'est pas à écarter.