Ile Maurice: La FCC démêle les fils d'une pelote de réseaux de trafic d'influence présumé

L'enquête autour de l'affaire des valises contenant Rs 114 millions, menée par la Financial Crimes Commission (FCC), progresse grâce aux analyses. Les investigations numériques ont mis en lumière des éléments supplémentaires qui élargissent désormais le périmètre du dossier, déjà bien sensible.

Ce vendredi, Ally Moortooza Boolaky - Ally Royals pour ses followers -, a de nouveau été entendu par les enquêteurs de la FCC, en présence de son avocat. L'influenceur maintient fermement sa position et rejette toute implication dans un présumé trafic d'influence, affirmant que les Rs 75 000 reçues de Josian Deelawon correspondent uniquement à des prestations publicitaires pour la société My Holidays.

Les données au peigne fin

Cependant, les derniers développements issus de l'exploitation des supports numériques auraient révélé de nouvelles pistes. L'analyse des téléphones, messages et sauvegardes de données aurait permis d'identifier d'autres échanges entre plusieurs protagonistes du dossier, suggérant des interactions plus fréquentes que celles initialement établies.

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Les enquêteurs auraient également découvert des traces de communications croisées impliquant plusieurs intermédiaires, ce qui renforcerait l'hypothèse d'un réseau de contacts utilisés pour faciliter certaines démarches administratives et privées. Ces nouveaux éléments sont actuellement examinés afin de déterminer s'ils relèvent d'activités commerciales légitimes ou d'éventuelles interventions d'influence.

Au coeur de l'enquête figure toujours une possible intervention en faveur de Josian Deelawon auprès du Central Electricity Board, pour l'installation d'un transformateur électrique en juillet 2023. Les investigations cherchent à établir si des relations personnelles ou des échanges financiers ont pu faciliter cette démarche.

Les lignes obscures s'éclaircissent

Par ailleurs, un nouveau volet aurait émergé des analyses forensiques : certains échanges numériques feraient mention indirecte de démarches administratives liées à d'autres institutions publiques, laissant penser à des tentatives d'influence plus conséquentes que celles initialement soupçonnées. Ces informations restent toutefois en cours de vérification par les enquêteurs.

L'affaire prend également de l'ampleur depuis la saisie des valises contenant Rs 114 millions par la Major Crimes Investigation Team, un élément central qui continue d'orienter les investigations vers des circuits financiers complexes. L'examen approfondi des appareils saisis aurait permis de relier des numéros de téléphone et comptes de messagerie à des interactions jugées pertinentes dans le cadre de l'enquête.

Dans un autre volet, les autorités poursuivent leurs vérifications concernant une possible intervention liée à une demande de promotion impliquant un employé d'Air Mauritius. Les enquêteurs travaillent encore sur ce point, cherchant à déterminer s'il existe un schéma récurrent de sollicitations ou d'influence autour de certaines démarches professionnelles.

La FCC poursuit ses analyses techniques et financières afin de clarifier les liens entre les différents protagonistes et de déterminer si les transactions et échanges de cette affaire s'inscrivent dans un cadre légal ou relèvent du trafic d'influence.

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