L'expérience lui a permis de parler sans détour. Maurits Hassankhan, président sortant du comité scientifique international de l'«Indentured Labour Route Programme» a gratifié l'assistance d'un véritable panorama. C'était lors de la conférence internationale intitulée The Indentured Labour Route at the Crossroads qui s'est achevée hier, à l'université de Maurice.
Tout en affirmant qu'il est question d'élaborer un plan d'action sur dix ans, cet historien du Suriname a posé la question essentielle : «on peut rédiger de très beaux projets, mais d'où viendra l'argent ? C'est là le principal défi auquel le projet sur l'engagisme est confronté aujourd'hui.»
Il s'est dit heureux que Maurice ait pris le «risque» de lancer ce projet. «Mais la réalité, c'est que Maurice n'est pas en mesure de répondre aux besoins de la recherche sur l'engagisme à l'échelle mondiale».
Voilà pourquoi Maurits Hassankhan, qui a été ministre de l'Intérieur au Suriname, estime que le gouvernement mauricien a une «mission particulière» à cet égard. «En tant qu'individus, nous ne pouvons pas aller voir le président Irfaan Ali du Guyana, ou le Premier ministre de Trinidad.»
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Dans un message adressé aux autorités, il les a exhortées à prendre les devants pour motiver leurs homologues. «L'un des problèmes majeurs - et nous devons en parler ouvertement - c'est que les populations d'origine indienne, dans la plupart des pays où il y a eu des girmitya (NdlR : travailleurs sous contrat), sont des minorités numériques. Elles ne sont pas au pouvoir. Et lorsque vous n'êtes pas au gouvernement, vous n'avez pas accès aux ressources financières. Il est donc très difficile d'obtenir des financements publics. Ce n'est pas inscrit au budget. Alors comment travailler dans ces conditions ?»
Se tournant cette fois vers les représentantes de la Haute commission indienne, présentes lors de la conférence à l'université de Maurice, Maurits Hassankhan a affirmé que «nous attendons aussi quelque chose de l'Inde». Il a d'abord rappelé que le Premier ministre indien, Narendra Modi, a exprimé son soutien à la dissémination de l'histoire de l'engagisme lors de ses différentes visites dans les pays de la diaspora, y compris à Maurice.
Que l'enseignement de cette histoire serait encouragé en Inde, dans les universités et les instituts de recherche. «Il y a 20 ans, beaucoup ignoraient totalement cette partie de leur propre histoire. Aujourd'hui, en revanche, le sujet suscite un réel intérêt. Presque toutes les universités souhaitent désormais disposer d'un département ou d'une section consacrée à l'étude de l'engagisme. Je peux en témoigner car je suis en contact régulier avec mes collègues en Inde.»
L'historien a également rappelé que le PM indien a déclaré qu'il fallait identifier les villages ancestraux afin que les membres de la diaspora puissent retrouver leurs origines. «Il est dans l'intérêt du peuple indien et de l'Inde de soutenir cette démarche et de rendre possible cette reconnexion avec les origines», a-t-il conclu.