Le président américain, Donald Trump, a annoncé l'élimination, le 16 mai dernier, de Abu-Bilal al-Minuki, un haut responsable de l'Etat islamique (EI).
Présenté comme le numéro deux mondial de l'EI, ce chef terroriste qui était sous sanctions américaines depuis 2023, a été éliminé au cours d'une opération conjointe menée par les forces américaines et nigérianes. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la coalition américano-nigériane a fait là, oeuvre de salubrité publique. Ce d'autant que ce haut cadre de l'EI était une « figure opérationnelle et stratégique qui fournissait des conseils aux entités de l'EI hors du Nigeria, sur des questions liées aux opérations médiatiques, à la guerre économique ainsi qu'au développement et à la fabrication d'armes, d'explosifs et de drones ».
On est d'autant plus fondé à le penser, qu'al-Minuki, aussi connu sous le nom d'Abu-Mainok, était considéré comme l'un des terroristes les plus actifs dans le monde. Toujours est-il que l'élimination de ce sanguinaire sur le champ de bataille, constitue, à n'en point douter, une bouffée d'oxygène aussi bien pour le Nigeria que pour le reste des Etats dans lesquels, il jouait un rôle de coordination pour semer la terreur.
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En tout cas, cette coopération militaire américano-nigériane est à saluer car, elle commence à porter fruits. Cela dit, à travers cette « opération air-sol de précision méticuleusement planifiée et hautement complexe » qui a porté un coup fatal à Abu-Minuki qui se croyait intouchable dans sa cachette du Lac Tchad, les USA montrent, une fois de plus, leur puissance militaire. Et c'est tout à leur honneur.
La simple élimination d'un chef terroriste n'a jamais mis fin au terrorisme
Pour autant, l'élimination de ce haut cadre de l'EI mettra-t-elle fin au terrorisme au Nigeria ? Evidemment, non. Car, on le sait, comme une hydre, trancher une tête, une autre repoussera et parfois plus redoutable. Faut-il donc craindre la poussée d'une nouvelle figure plus radicale après l'élimination d'Al-Minuki ? Vivement que cela n'arrive pas !
En attendant, le Nigeria gagnerait à prendre toutes les dispositions nécessaires afin de parer à toute éventualité. Il faut aller au-delà de cette neutralisation. Car, l'expérience nous enseigne que la simple élimination d'un chef terroriste, n'a jamais mis fin au terrorisme. Du Sahel à la Somalie en passant par le Nigeria, de nombreux chefs terroristes ont été envoyés ad patres sans que cela ne mette fin au terrorisme.
A preuve, l'élimination d'Abubakar Shekau n'a ni mis fin aux violences de Boko Haram au Nigeria ni à l'existence de ce groupe islamiste qui continue de se repaître du sang d'innocentes populations. Du reste, le pays de Bola Tinubu gagnerait à mettre à profit la haute technologie dont dispose son nouvel allié, l'Oncle Sam, pour, à défaut de porter le coup de grâce à la bête immonde, réduire sa voilure.
C'est d'autant plus nécessaire que les Nigérians ont, 17 ans durant, souffert le martyre. Il est donc temps d'oeuvrer à mettre fin à cette longue souffrance. Mais tant que les Etats qui prétendent aider les pays africains à lutter contre le terrorisme ne feront pas montre de sincérité, il ne faut pas rêver d'une victoire dans le court terme.
