La hausse des frais d'examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) pour les candidats redoublants suscite de vives inquiétudes au sein de l'Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). Selon le syndicat, de nombreuses familles éprouvent déjà des difficultés financières et cette augmentation pourrait pousser certains jeunes à abandonner leurs études secondaires.
Pour cette deuxième année consécutive, les candidats qui reprennent les examens devront assumer eux-mêmes les coûts d'inscription. Or, les montants exigés pour 2026 affichent une hausse par rapport à l'année précédente, et ce pour l'ensemble des matières.
À titre d'exemple, un élève se présentant au SC avec cinq matières devra débourser Rs 15 706, contre Rs 14 051 en 2025. Du côté du HSC, un candidat inscrit à trois matières principales et deux subsidiaires devra payer Rs 27 434, alors que le coût s'élevait à Rs 24 504 l'année dernière. Une augmentation qui intervient dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreuses familles.
Un tableau comparatif de 2025 et 2026
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Le président de l'UPSEE, Arvind Bhojun, affirme que la situation se fait déjà ressentir dans certains établissements secondaires privés. Il évoque notamment le cas d'un collège confessionnel de la région de Beau-Bassin-Rose-Hill. «Les parents, les enseignants et même les élèves ressentent cette pression. Selon les informations que nous avons recueillies, près de 50 % des collégiens de cette institution rencontreraient des difficultés à réunir l'argent nécessaire pour payer les frais d'examens. Et cette réalité commence à toucher plusieurs autres collèges», explique-t-il.
Le syndicaliste estime que plusieurs élèves concernés tentent simplement d'obtenir une seconde chance après un premier échec ou des résultats insuffisants. Selon lui, une approche plus nuancée aurait pu être envisagée. «Certains candidats ont effectivement connu des difficultés académiques, mais il aurait peut-être été possible de faire une distinction entre ceux qui démontrent une réelle volonté de progresser et d'autres situations. Cela aurait été perçu comme plus équitable», soutient-il.
Le risque d'un abandon scolaire
Pour l'UPSEE, cette augmentation pourrait avoir des conséquences directes sur la poursuite des études de certains jeunes issus des collèges privés. Arvind Bhojun rappelle que plusieurs élèves admis dans ces établissements avaient déjà rencontré des difficultés dès le cycle primaire et continuent à faire des efforts pour obtenir leurs crédits ou leur «full HSC».
«Certains élèves ont redoublé des classes avant d'arriver en SC. D'autres n'obtiennent pas leur HSC complet du premier coup, mais continuent à essayer. Aujourd'hui, avec des frais pouvant atteindre environ Rs 25 000 pour le HSC et près de Rs 20 000 pour le SC, plusieurs familles doivent faire des choix difficiles, surtout lorsqu'il y a plusieurs enfants concernés dans un même foyer», souligne-t-il.
Le syndicaliste estime également que la situation économique actuelle accentue davantage la pression financière sur les parents. Il plaide ainsi pour un mécanisme de soutien destiné aux candidats qui souhaitent poursuivre leurs études et améliorer leurs résultats. «Jusqu'à 21 ans, un jeune peut toujours poursuivre des études secondaires. Mais actuellement, l'aspect financier devient un obstacle majeur. Il faudrait réfléchir à des mesures pour aider ces familles et éviter que des élèves ne soient poussés hors du système éducatif», affirme-t-il.
Appel à une enquête sur des pratiques scolaires
Par ailleurs, le président de l'UPSEE attire l'attention des autorités sur des pratiques qui existeraient dans certains établissements secondaires privés. Il évoque notamment le cas d'un collège situé dans l'Est, où des élèves seraient orientés vers des examens alternatifs, tels que le GCE, plutôt que vers le SC traditionnel.
Selon lui, la direction de cet établissement chercherait à préserver son taux de réussite aux examens officiels. «Nous avons été informés que certains élèves, y compris des candidats en première année de SC, seraient encouragés à se tourner vers le GCE au lieu du SC. Nous estimons qu'il serait important que les autorités compétentes examinent cette situation afin de s'assurer que les intérêts des élèves restent prioritaires», déclare-t-il.
Face à ces préoccupations, l'UPSEE appelle les autorités à engager une réflexion sur les conditions d'accès aux examens pour les candidats qui redoublent, afin d'éviter que des contraintes financières ne compromettent l'avenir scolaire de nombreux jeunes.