Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de peser sur les économies importatrices d'énergie et de matières premières en Asie, notamment en Inde, où elles affectent la devise et les coûts énergétiques. Dans ce contexte, les autorités indiennes ont relevé les droits de douane sur l'or, l'argent et le platine. Selon un communiqué du ministère des Finances, entré en vigueur le 13 mai, les droits sur l'or et l'argent passent de 6 % à 15 %, tandis que ceux sur le platine atteignent 15,4 %, portant la charge totale à 18,45 %.
Cette mesure vise à soutenir les réserves de change dans un contexte de pression sur la roupie. Par ailleurs, la monnaie indienne avait brièvement touché 95,73 pour un dollar le 12 mai, son plus bas niveau historique, avant de se redresser légèrement.
Le gouvernement présente ce durcissement fiscal comme un moyen de limiter la demande d'or. Dans le même temps, le Premier ministre Narendra Modi a appelé les Indiens à réduire leurs achats, afin de contenir la pression sur la monnaie et les réserves de change.
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Ces évolutions pourraient toutefois avoir des répercussions au-delà du marché indien, notamment à Maurice, plateforme de transit et de réexportation de métaux précieux. Selon le consultant en investissement Imrith Ramtohul, le durcissement tarifaire en Inde pourrait réduire la compétitivité des flux transitant par le Mauritius Freeport, en renchérissant les réexportations et en orientant une partie du commerce vers d'autres routes.
Il souligne que la réduction des écarts de prix entre marchés mondiaux limite les opportunités d'arbitrage, un élément clé du commerce de transit. «Moins ces marges existent, moins les transactions passent par cette plateforme», précise-t-il.
Il ajoute que la hausse des prix de l'or renchérit les coûts pour les bijoutiers mauriciens, avec des effets possibles sur les prix de détail et la demande dans les segments du tourisme et du luxe.
Enfin, il met en garde contre la vulnérabilité de Maurice aux cycles de protectionnisme commercial en période d'instabilité géopolitique. Dans une économie dépendante des flux de transit, de faibles variations du commerce mondial peuvent avoir des effets sensibles. Il évoque aussi le risque de circuits informels lorsque les écarts de prix s'élargissent, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de conformité. «La diversification des partenaires commerciaux apparaît comme une piste de résilience», estime-t-il, dans un contexte où les fluctuations du prix de l'or influencent encore les comportements d'épargne et d'investissement à Maurice.