Elles se connaissent depuis le collège, ont suivi le même parcours scolaire, choisi les mêmes options et aujourd'hui, elles portent le même projet. Anya Narrainen, 21 ans, et Marie-Chloé Maugueret, 20 ans, sont toutes deux en troisième année de licence communication à la MCCI Business School. Mais c'est en dehors des amphis que leur aventure la plus marquante a commencé. Hope 4 Paws, leur association, est née d'une contrainte académique transformée en vocation.
«Au départ, on était complètement perdues. On hésitait entre plusieurs idées - une plateforme autour de la nightlife, d'autres concepts très différents», racontent-elles. C'est en se posant une question simple, qu'est-ce qu'on aime vraiment en commun ?, que tout s'est décanté : les animaux, évidemment. De là, les recherches. Et avec elles, une réalité qu'elles ne soupçonnaient pas tout à fait : des refuges saturés, des chiens qui attendent des mois sans être adoptés, des associations qui font un travail considérable dans l'ombre, sans visibilité sur les réseaux sociaux, parfois sans site Internet. «On s'est dit qu'à notre échelle, on pouvait peut-être les aider à être vus.»
Dans cette aventure, elles ne sont pas seules : un ami proche, déterminant depuis le début, les a mises en contact avec plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et les a accompagnées lors de leurs premières visites dans les refuges. Leur outil : la communication, justement leur domaine d'études. Vidéos TikTok, fiches d'animaux à adopter, mise en lumière de refuges. Hope 4 Paws se positionne comme un relais, pas un refuge supplémentaire.
C'est d'ailleurs une de leurs vidéos, vue par hasard sur notre fil TikTok, qui est à l'origine de cet article. Le succès a dépassé leurs attentes : leur vidéo de lancement a cumulé vers les 15 000 vues sur TikTok, Instagram et Facebook en moins d'une semaine. Parmi les premiers messages reçus, un commentaire d'une ONG les a particulièrement émues : «Thank you for what you are doing to help our 4 legged babies.» «Ça nous a rassurées et motivées parce qu'on s'est dit que les refuges voyaient réellement notre démarche», confient-elles.
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Les visites dans les refuges ont changé leur regard. Avant, elles voyaient ces lieux comme de simples espaces de transit pour les animaux abandonnés. Aujourd'hui, elles voient surtout le travail humain dans les coulisses : le manque de moyens, la fatigue émotionnelle, mais aussi un dévouement que la plupart ignore. Ce qui les frappe le plus : la joie des chiens quand les bénévoles arrivent. «Le simple fait de les voir venir pour les nourrir ou jouer avec eux suffit à les rendre heureux. C'est quelque chose de très beau à voir.» Néanmoins, lors d'une visite dans un refuge à Mont-Choisy, la réalité les a rattrapées lorsqu'elles ont appris que certains chiens avaient été empoisonnés. «On ressent beaucoup de colère et d'impuissance face à certaines situations. Mais on essaie de la transformer en quelque chose d'utile.»
La suite ? Un site Internet regroupant refuges, vétérinaires, pet shops et journées d'adoption à venir à travers l'île. Et surtout, continuer à donner de la visibilité à ceux qui en manquent le plus.
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Questions à ... Marie-Chloé Maugueret et Anya Narrainen, fondatrices de Hope 4 Paws : «On apprend tous les jours, autant sur les animaux que sur nous-mêmes»
🔵 Vous défendez particulièrement l'adoption des chiens plus âgés. Pourquoi ?
Le fait qu'ils soient souvent les plus oubliés alors qu'ils ont énormément d'amour à donner. Beaucoup de gens se tournent naturellement vers les chiots, mais les chiens âgés ont une douceur, un calme et une reconnaissance incroyables. Ils méritent eux aussi une vraie famille et une belle fin de vie entourée d'amour.
🔵 Qu'est-ce que vos visites des refuges vous ont appris sur vous-mêmes ?
Humainement, cette aventure nous fait énormément grandir. On apprend tous les jours, autant sur les animaux que sur nousmêmes. Et honnêtement, pour deux étudiantes de 20 et 21 ans complètement perdues au départ et stressées à l'idée de devoir présenter un projet pour notre licence, on est aujourd'hui extrêmement reconnaissantes de l'aventure dans laquelle on se trouve. Même si on a mis du temps avant de vraiment démarrer, aujourd'hui, on peut dire qu'on est pleinement lancées dans une merveilleuse aventure. Et ce n'est pas toujours facile tous les jours. Entre les cours, les examens, les montages vidéo, les visites dans les refuges, les journées d'adoption ou encore toute la gestion des réseaux sociaux, cela demande énormément de travail. Nous ne sommes pas des professionnelles, juste deux étudiantes passionnées qui essaient d'aider à leur manière.
🔵 Si vous pouviez faire adopter un seul réflexe aux Mauriciens, quel serait-il ?
Réfléchir avant de prendre un animal et comprendre qu'un animal est un engagement pour plusieurs années. Beaucoup de personnes prennent encore des animaux sur un coup de tête sans réaliser toute la responsabilité qu'il y a derrière. Un chien ou un chat n'est pas quelque chose de temporaire ou «jetable». On aimerait aussi que davantage de personnes pensent à l'adoption avant l'achat, parce qu'il y a énormément d'animaux dans les refuges qui attendent simplement une chance et une famille. Et parfois, même un petit geste peut faire une énorme différence : donner de l'eau à un chien errant, signaler un animal blessé ou simplement faire preuve d'un peu plus de compassion au quotidien.
🔵 Pensez-vous que les réseaux sociaux peuvent réellement changer les mentalités à Maurice ?
Oui, totalement. Aujourd'hui, les réseaux sociaux permettent de montrer une réalité que beaucoup de gens ne voient pas forcément. Une vidéo ou une histoire peut toucher énormément de personnes très rapidement. D'ailleurs, nous l'avons nous-mêmes constaté avec notre toute première vidéo de présentation qui a dépassé les 15 000 vues cumulées sur nos trois plateformes. On ne s'attendait absolument pas à toucher autant de monde aussi vite. Donc oui, on pense sincèrement que les réseaux sociaux peuvent contribuer à faire évoluer les mentalités, sensibiliser davantage de personnes et donner de la visibilité aux refuges et aux animaux qui en ont besoin.
🔵 Dans quelques années, qu'aimeriez-vous que les gens retiennent de Hope 4 Paws ?
Qu'on aura réussi à faire avancer les choses, même à notre échelle. Aujourd'hui déjà, on considère que chaque personne sensibilisée, chaque partage, chaque adoption ou chaque refuge mis en avant est déjà un grand pas en avant. On aimerait que les gens retiennent que Hope 4 Paws a essayé de donner une voix aux animaux ou aux ONG qui n'en ont pas ou pas beaucoup et de mettre en lumière toutes ces associations qui se battent chaque jour pour eux. Et surtout, qu'avec seulement deux étudiantes, beaucoup de passion et énormément de soutien autour de nous, il est possible de créer quelque chose qui peut réellement avoir un impact.