Le gouvernement des Comores a annoncé, hier, samedi 16 mai, la suspension temporaire de la hausse des prix des carburants après plusieurs jours de manifestations et d'affrontements dans l'archipel. Cette décision intervient alors que la colère populaire gagnait du terrain à travers le pays, notamment sur l'île d'Anjouan.
Le ministre comorien de l'Énergie, Aboubacar Saïd Anli, a déclaré lors d'une conférence de presse que «le gouvernement et le président Azali avaient entendu les cris du peuple comorien». Il a ajouté qu'«il n'y avait pas d'autres solutions que de l'écouter» afin de «préserver la paix». Le président Azali Assoumani a ainsi suspendu le décret introduit le 9 mai prévoyant une forte augmentation des prix des produits pétroliers. Selon les autorités, cette mesure avait été prise en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les coûts énergétiques mondiaux.
Les nouveaux tarifs prévoyaient notamment une hausse de 46 % du prix du gazole et de 35 % pour l'essence. Le litre d'essence devait passer de 750 à 1 000 francs comoriens, tandis que le gasoil devait atteindre 950 francs. Cette décision avait provoqué une grève générale menée par les transporteurs routiers, rapidement rejoints par des syndicats de commerçants et de pêcheurs. Les transports publics ont été fortement perturbés à Moroni, la capitale, tandis que plusieurs routes ont été bloquées à Mutsamudu.
Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 mai, principalement sur l'île d'Anjouan. Selon les autorités judiciaires, au moins une personne a été tuée et cinq autres blessées. D'autres médias évoquent un bilan de deux morts. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes des décès.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Pour tenter d'apaiser les tensions, le gouvernement a également annoncé une réduction des voyages officiels et une baisse de 40 % des droits de douane.