Au Kenya, la contestation monte après l'entrée en vigueur, le 15 mai, d'une nouvelle hausse des prix du carburant. Une augmentation que les autorités justifient par la hausse des coûts à l'importation. Déjà confrontés à une première hausse le mois précédent, les acteurs du transport appellent à une grève ce lundi 18 mai 2026.
Propriétaires de matatus - les minibus privés de transport en commun - chauffeurs de taxi ou encore transporteurs routiers : tout le secteur est appelé à se mobiliser pour dénoncer l'augmentation des prix à la pompe et réclamer une baisse du carburant.
Assis sur sa moto-taxi, Joseph ne cache pas sa colère. « Je n'ai encore transporté personne parce que je n'ai pas de carburant. On se demande : quel est le problème avec le président Ruto ? Il nous tue ! Aujourd'hui les gens souffrent, on n'a pas d'argent pour payer le loyer, on n'a pas d'argent pour acheter à manger ou payer les frais de scolarité. »
Des répercussions immédiates sur le coût de la vie
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Les conséquences se font déjà ressentir pour Eric Wanjala. Il se déplace en bus pour tenir son stand de rue, où il vend des oeufs durs à la tomate. « Le matatu a augmenté le prix. Pour venir ici, avant je payais l'équivalent de 30 centimes d'euros, désormais c'est environ 50 centimes. Il y a aussi eu une hausse du prix des tomates. Ça fait une différence parce que maintenant mon bénéfice a diminué. »
Dans certains transports, les tarifs n'ont pas encore changé. Mais la pression économique se fait sentir. Bernard Msikoyo est chargé de rameuter des passagers dans un matatu. « Si nous augmentons les prix, nous allons perdre la plupart de nos clients. Ils devront marcher pour aller au travail. Ce sont des gens ordinaires, ils touchent de bas salaires, ils ne s'en sortiront pas. Ce que nous voulons, c'est que le gouvernement baisse les prix du pétrole. »
Appel à la démission du ministre de l'Énergie
Le secteur appelle aussi à la démission du ministre de l'Énergie et à la dissolution de l'Autorité en charge de la régulation du pétrole. La chambre de commerce du Kenya s'est également inquiétée des conséquences de la hausse des prix sur les coûts de production et la compétitivité des entreprises kényanes.
Le gouvernement avait déjà tenté d'atténuer l'impact de la précédente hausse en réduisant la TVA sur les carburants. Une mesure jugée insuffisante par les professionnels du secteur.