La situation politique au Tchad mobilise au-delà des frontières du pays. Lors d'une conférence de presse tenue à Dakar samedi, la société civile sénégalaise s'est réunie pour dénoncer un tour de vis autoritaire en cours au Tchad, où huit opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont été récemment condamnés à 8 ans de prison ferme, alors que ce week-end marquait la première année de captivité pour Succès Masra.
Face aux derniers événements, le collectif des organisations de la société civile sénégalaise demande aux principaux bailleurs de fonds de N'Djaména - l'Union européenne, la France, les États-Unis et la Chine notamment - de suspendre tout appui financier au régime de Mahamat Idriss Déby.
« Qu'ils arrêtent de financer ce régime voyou dictatorial qui ne mérite pas d'être financé. Parce que les financements qui sont destinés au bien-être du peuple tchadien n'arrivent pas au peuple tchadien. Les appuis qui donnent à ce régime sont retournés contre le peuple tchadien », estime Mamadou Mignane Diouf, le coordonnateur du Forum social sénégalais.
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« Des opposants comme Succès Masra sont en prison dans des conditions abominables. Certains de ses camarades de parti sont portés disparus. C'est pourquoi nous disons qu'il faut que ces bailleurs revoient leurs portefeuilles et leurs relations avec le gouvernement du Tchad. »
« La France, quand même, a eu l'amabilité d'accueillir beaucoup de ressortissants tchadiens qui sont en exil et protégés par le gouvernement français. Donc, il faut, de l'autre côté, que le gouvernement français comprenne qu'il ne peut pas continuer à appuyer un régime comme celui de Déby fils qui est en train de lui envoyer que des réfugiés en exil. »