Dans les villages de province, des écoles sous paillote continuent d'accueillir des enfants dans des conditions précaires. C'est le cas à Yassinda, un village situé derrière la colline du Bas-Oubangui, où les élèves du primaire suivent les cours sous un abri de fortune, exposés à la pluie, à la chaleur et au vent. Pendant que le pays attend la mise en place d'un nouveau gouvernement après les dernières élections, de nombreux Centrafricains espèrent voir l'éducation figurer enfin parmi les priorités nationales.
Dans cette école, les élèves étudient sous une simple paillote faite de bois et de feuilles de palmier. Assis à même le sol poussiéreux, certains écrivent dans leurs cahiers posés sur les genoux.
Devant eux, un tableau noir accroché à des poteaux en bois sert de principal outil pédagogique. Freddy Baïlly, élève en classe de CM1 : « Je suis le délégué du CM1. Ici, nous étudions dans des conditions pénibles. Nos maîtres ont de la volonté, mais les conditions ne sont pas réunies. Nous avons du mal à nous concentrer, donc il est difficile d'assimiler les leçons. »
Cours régulièrement interrompus
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En cette saison des pluies, les cours sont régulièrement interrompus à cause des vents violents et des fortes pluies. Hector Ndomakétté, élève en classe de CM2. « Nous sommes les futurs fonctionnaires. Mais notre école ne dispose pas de documents pédagogiques. Il n'y a ni livres d'histoire, ni manuels de mathématiques, ou de français. Nos enseignants développent des méthodes avec les moyens du bord. Ils font beaucoup d'efforts pour nous dispenser les cours. »
Selon Béni Funguizi, enseignant, il est urgent de remédier à ces difficultés. « Nous avons 175 élèves. Les élèves ont peur de venir à l'école. Nous avons beaucoup de problèmes : des problèmes de tables, de bancs, de bâtiments, de matériel didactique... »
Face à cette situation, de nombreux parents préfèrent envoyer leurs enfants aux champs plutôt qu'à l'école. Une réalité qui favorise les abandons scolaires dans cette localité.
Lorsque des élèves se retrouvent à même le sol sous une paillote qui ne les épargne pas des insectes, des moustiques et des reptiles, cela ne facilite pas l'apprentissage. Ce qui justifie la forte dissémination de ces écoles de fortune, tant dans les villes de province que dans les périphéries de Bangui, est la crise que connaît le secteur éducatif national. Nous demandons simplement au gouvernement de faire de l'éducation sa première priorité.