Afrique: 79e Assemblée mondiale de la santé - Le continent au cœur de la nouvelle souveraineté sanitaire

La Soixante-Dix-Huitième Assemblée mondiale de la Santé (Archive)
18 Mai 2026

À l’ouverture de la 79e Assemblée mondiale de la santé à Genève qui s’est tenue ce 18 mai 2026, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a livré un discours fort, marqué par un appel à la réforme du système mondial de santé et à l’affirmation de la souveraineté sanitaire des États, en particulier des pays africains.

Dans un contexte mondial marqué par les crises sanitaires, les conflits, les changements climatiques et les réductions de l’aide internationale, l’OMS a voulu envoyer un message clair estimant que l’heure est venue pour les pays de construire des systèmes de santé autonomes, résilients et équitables.

L’Afrique citée comme moteur du changement

Dans son allocution, le Directeur général de l’OMS a rendu hommage au président ghanéen John Dramani Mahama pour son leadership dans le lancement de « l’Accra Reset », une initiative présentée lors du Sommet africain sur la souveraineté sanitaire en Afrique en août dernier.

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Selon lui, cette initiative symbolise un tournant historique pour le continent africain. Face aux coupes brutales dans l’aide au développement, de nombreux pays africains ont compris la nécessité de réduire leur dépendance extérieure et de renforcer leur capacité à produire, financer et gérer eux-mêmes leurs politiques sanitaires. « Aucun pays ne veut être dépendant. Chaque pays veut l’équité. Chaque pays veut la souveraineté », a-t-il déclaré.

L’OMS considère désormais l’Afrique non seulement comme bénéficiaire de l’aide internationale, mais comme un acteur central de la transformation du système mondial de santé. Par ailleurs, il a particulièrement insisté sur les initiatives concrètes mises en œuvre en Afrique depuis la pandémie de COVID-19.

Parmi les exemples les plus marquants figure la création du centre de transfert de technologie à ARNm au Cap, en Afrique du Sud. Ce hub permet aujourd’hui de partager des technologies de fabrication de vaccins avec des centres de recherche dans quinze pays. Cette initiative vise à mettre fin à la dépendance du continent africain envers les importations de vaccins et de médicaments, une faiblesse fortement révélée pendant la pandémie de COVID-19.

Le Directeur général a également souligné les efforts entrepris pour développer les capacités humaines et industrielles africaines grâce à des programmes de formation en bioproduction et en fabrication pharmaceutique. L’objectif de ces programmes est de permettre aux pays africains de produire localement des vaccins, des traitements et des équipements médicaux.

L’Afrique confrontée aux urgences sanitaires

Le continent a également été évoqué à travers les crises sanitaires actuelles, notamment l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, qui s’est déjà propagée en Ouganda.

Le Directeur général a ainsi annoncé avoir déclaré une urgence sanitaire publique de portée internationale face à cette situation, rappelant que les maladies infectieuses continuent de représenter une menace majeure pour la région et pour le monde.

Cette déclaration souligne l’importance d’un système africain de surveillance, de prévention et de réponse rapide aux épidémies.

Une réforme du financement mondial de la santé

Dans son discours, il a mis en avant les difficultés financières rencontrées par l’OMS et l’impératif de repenser le financement mondial de la santé. Dès lors, l’organisation souhaite réduire sa dépendance aux financements volontaires des grands bailleurs internationaux afin de garantir son indépendance et sa capacité d’action.

Cette réforme rejoint les revendications de nombreux pays africains qui dénoncent depuis plusieurs années les déséquilibres du système mondial de santé et la domination des priorités fixées par les donateurs.

Pour l’OMS, le monde entre dans une nouvelle phase. Selon le Directeur général de l’OMS, le système de santé mondiale, jugé trop fragmenté et inégalitaire, doit être repensé, ce qui explique l’importance du thème de cette année : « Remodeler la santé mondiale : une responsabilité partagée ». Un thème qui reflète la volonté de transformation.

L’Afrique apparaît ainsi comme l’un des principaux moteurs de cette nouvelle dynamique internationale.

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