Tombura Yambio — « L'Équatoria occidental n'était pas seulement connu comme le grenier du Soudan du Sud, mais aussi comme un havre de coexistence pacifique, le coeur vert du Soudan du Sud, le jardin de l'hospitalité, la patrie du dialogue, la terre du travail acharné, le sanctuaire de la dignité humaine ». C'est ce qu'écrit l'Évêque du comté de Tombura Yambio, Eduardo Hiiboro Kussala, s'adressant aux autorités, aux chefs religieux et à l'ensemble de la population. Le mois de mai revêt en effet une importance particulière dans tout le Soudan du Sud en raison de la fête nationale, au cours de laquelle se tiennent des événements commémoratifs et des rassemblements communautaires pour honorer l'histoire de l'indépendance.
« Cependant, au fil des ans, de douloureux défis se sont immiscés dans notre société », poursuit Mgr Hiiboro. « La violence, l'instabilité politique, les difficultés économiques, l'insécurité, les déplacements de population, la méfiance et les divisions ont déchiré notre tissu social. Plusieurs régions de notre cher État, des attaques de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) aux conflits de Mundri, Maridi, Yambio, Ezo et Tombura (voir Fides 4/3/2026), ont connu la douleur, la peur, les déplacements et la souffrance. Pourtant, après toutes ces années douloureuses, une vérité est devenue très claire : la violence n'a pas guéri nos communautés. La haine n'a pas rétabli la confiance. La vengeance n'a pas apporté la paix. »
« La véritable paix naît du dialogue. C'est pourquoi je m'adresse aujourd'hui à tout notre peuple : faisons revivre la culture du dialogue respectueux, de la réconciliation et de l'unité. Que les dirigeants s'adressent avec sincérité aux communautés. Que les responsables, les Églises, les jeunes, les femmes, les intellectuels, la société civile et les familles deviennent des ponts vers la guérison et la paix. Surtout, préservons le caractère sacré de la vie humaine. La vie est un don de Dieu. »
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En réfléchissant également à l'utilisation abusive des médias, Mgr Hiiboro souligne à quel point une utilisation impulsive peut être néfaste. « Aujourd'hui, un message irréfléchi peut détruire des relations construites au fil des générations », fait remarquer l'Évêque. « Une insulte écrite derrière l'écran d'un téléphone peut semer la haine dans de nombreux coeurs. Les mots sont puissants. Ils peuvent guérir ou détruire, unir ou diviser. Une société devient ce que ses membres sèment continuellement à travers leurs paroles, leurs attitudes et leurs actions. Développons donc un langage qui unifie, empreint de respect, de sagesse, de guérison, d'encouragement et de responsabilité. Que nos paroles protègent les relations au lieu de les détruire. J'invite tout notre peuple à revenir à la prière et à s'accrocher fermement au Christ, le Prince de la Paix. La prière change les attitudes, guérit les souvenirs, atténue l'amertume et renouvelle les communautés.
L'Évêque de Tombura Yambio, qui s'est toujours engagé en faveur du dialogue et de la défense des droits de l'homme, conclut son appel en invitant chacun à l'unité et non à la division. « Aux dirigeants politiques : le leadership est un service, pas une source de division. Aux jeunes : utilisez votre énergie et votre intelligence pour construire l'avenir à travers l'éducation, l'agriculture, l'innovation, l'entrepreneuriat et la consolidation de la paix. Aux femmes : continuez d'être les gardiennes de la vie, de la guérison et de la réconciliation. Aux chefs traditionnels : redécouvrez la sagesse du dialogue, de la patience et du leadership moral. Aux chefs religieux : continuez à défendre la vérité, la justice, la paix et l'unité sans crainte, sans appréhension ni tribalisme. Et à tout notre peuple : travaillons ensemble pour ramener la paix et le développement en Équatoria occidental, afin que notre État puisse apporter une contribution significative à l'unité et à l'avenir du Soudan du Sud.