Le CIF Global Knowledge Exchange 2026, qui s'est tenu à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 27 au 30 avril 2026, a réuni des dirigeants, des décideurs politiques, des partenaires au développement, des représentants du secteur privé et des praticiens afin d'accélérer l'action climatique grâce au partage des connaissances et aux partenariats. La réunion a été organisée par les Fonds d'investissement climatiques (CIF) en partenariat avec le gouvernement éthiopien, le Groupe de la Banque africaine de développement et le Groupe de la Banque mondiale.
Voici cinq points clés à retenir :
1 Le tout premier échange mondial de connaissances des CIF
Il s'agissait du premier forum mondial d'échange de connaissances organisé par les FIC, poursuivant sur la lancée de l'Africa Knowledge Exchange qui s'est tenu à Abidjan en 2023, piloté par la Banque africaine de développement.
Le rassemblement de 2026 s'est focalisé sur la manière dont les pays peuvent transformer leurs systèmes pour concilier résultats économiques et action climatique. Cet événement de quatre jours a réuni plus de 150 participants venus de 27 pays du monde entier pour échanger des expériences pratiques sur la transition énergétique juste, la résilience, les solutions fondées sur la nature et le financement climatique inclusif.
Ouvrant l'événement, le ministre éthiopien des Finances, Ahmed Shide, a souhaité aux délégués la bienvenue à Addis-Abeba et a mis l'accent sur l'importance de l'apprentissage entre les pays : « La crise climatique est mondiale, mais bon nombre des solutions les plus concrètes sont élaborées dans les pays du sud », a-t-il souligné.
Alex Mubiru, le directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l'Afrique de l'Est, a souligné la continuité du partenariat ainsi que l'urgence d'augmenter le financement climatique : « L'Afrique, qui est le continent le plus vulnérable, ne reçoit qu'une part disproportionnellement faible du financement climatique mondial. Nous devons rapidement accroître les investissements dans la résilience afin de combler le déficit croissant en matière d'adaptation. »
2 Quinze ans de partenariat entre les CIF et la Banque africaine de développement
La Banque africaine de développement célèbre 15 ans de partenariat avec les CIF pour faire progresser le financement climatique et le développement en Afrique.
Durant cette période, les CIF ont combiné financement concessionnel, innovation et échange de connaissances pour soutenir une transformation profonde dans les domaines de l'énergie propre, de l'adaptation, des transports, de la foresterie et des investissements du secteur privé.
À ce jour, la Banque a approuvé 48 projets, mobilisant environ 1,1 milliard de dollars de ressources des CIF, auxquels s'ajoutent environ 2,5 milliards de dollars de cofinancement de la Banque africaine de développement et environ 9,2 milliards de dollars provenant d'autres sources. Cela porte le total des financements supplémentaires mobilisés à environ 11,7 milliards de dollars, ce qui signifie que pour chaque dollar investi par les CIF, environ dix dollars de financement supplémentaire ont été mobilisés.
Pour marquer cette étape importante, les CIF et le Groupe de la Banque organiseront une session de haut niveau le mardi 26 mai, sur le thème « L'Afrique à la pointe de l'action climatique : investissements, partenariats et perspectives d'avenir ». La session qui se tiendra lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement à Brazzaville présentera les réalisations et les opportunités futures pour accroître le financement climatique.
3 L'Éthiopie présente ses solutions climatiques sur le terrain en amont de la COP 32
Le Knowledge Exchange a souligné les prochaines étapes clés du calendrier mondial de la lutte contre le changement climatique, notamment la COP 31 en Turquie, où les CIF et le Groupe de la Banque africaine de développement continueront de collaborer avec leurs partenaires pour faire progresser les priorités en matière de financement et de résilience climatiques, ainsi que de transition énergétique, pour les pays en développement.
Dans le même temps, l'Éthiopie se prépare à accueillir la COP 32, un événement marquant qui devrait placer l'Afrique au centre de la prise de décision climatique mondiale.
Lors de la séance d'ouverture, le ministre Ahmed Shide a souligné le rôle pionnier joué par l'Éthiopie en matière climatique : « Notre pays place depuis longtemps l'action climatique au coeur de sa vision du développement. Grâce à notre approche d'économie verte résiliente au climat, nous suivons la voie d'un développement vert, inclusif et résilient. » Il a également souligné l'ambition de son pays pour la COP 32 : « Amener le monde en Afrique et placer l'Afrique au coeur de l'action climatique mondiale », a-t-il souligné.
Il a présenté les priorités de l'Éthiopie pour la COP 32, notamment un renforcement du financement de l'adaptation, des investissements dans la résilience, un accès élargi à l'énergie, des solutions fondées sur la nature et une architecture financière climatique qui reflète mieux les besoins des pays en développement.
Lors de la session gouvernementale, il a également souligné les opportunités économiques offertes par l'action climatique, notant que « le développement à faible émission de carbone n'est pas une contrainte, mais une opportunité ». La transition de l'Éthiopie a été présentée comme un modèle pratique combinant énergies renouvelables, industrialisation durable, solutions d'économie circulaire et croissance verte.
L'un des points forts de cet échange de connaissances a été la journée consacrée aux visites sur le terrain, permettant aux participants de voir des solutions climatiques en action.
Les participants ont visité des sites industriels et de cuisson propre présentant des solutions à faible émission de carbone et d'économie circulaire, notamment le recyclage du plastique, l'utilisation d'énergies propres, le recyclage de l'eau, les transports durables et les technologies pouvant aider à décarboner la consommation énergétique des ménages. Les participants ont visité des sites industriels présentant des solutions à faible émission de carbone et d'économie circulaire, notamment le recyclage du plastique, l'utilisation d'énergies propres, le recyclage de l'eau et les transports durables.
Les participants ont visité un site de restauration fondée sur la nature le long des rives du fleuve à Addis-Abeba, qui s'inscrit dans le cadre de l'initiative Green Legacy, illustrant les efforts de restauration à grande échelle des écosystèmes urbains et de résilience climatique.
4 On ne peut « s'élever » que lorsqu'on est résilient
L'une des annonces majeures de l'événement a été le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt dans le cadre du nouveau programme des CIF « Accélérer les investissements et les innovations en matière de résilience pour des économies durables » (ARISE, acronyme en anglais pour Accelerating Resilience Investments and Innovations for Sustainable Economie,), conçu pour soutenir les investissements nationaux en matière d'adaptation et de résilience avec une orientation stratégique accrue, une volonté de transformation plus forte et des voies de mise en oeuvre plus claires.
ARISE déploiera des financements catalytiques pour aider les pays à transformer les risques climatiques en opportunités d'investissement tout en renforçant leur résilience budgétaire. Les CIF mettent à disposition une enveloppe flexible de 30 à 40 millions de dollars par pays, et jusqu'à 50 millions de dollars pour les programmes régionaux, pour un maximum de cinq pays ou régions.
« Les chocs climatiques font perdre des milliers de milliards de dollars à l'économie mondiale, mettant en péril les moyens de subsistance de 2,4 milliards de personnes. Les investissements dans la résilience climatique permettent aux agriculteurs de continuer à récolter, aux entreprises de rester ouvertes, aux emplois d'être préservés et aux services de continuer à fonctionner lorsque des chocs surviennent », a souligné Tariye Gbadegesin, directeur général des Fonds d'investissement climatiques.
« Aujourd'hui, l'Afrique démontre que la résilience peut stimuler l'innovation, renforcer les économies et protéger les communautés. Grâce à ARISE, nous nous appuyons sur ce partenariat de longue date pour promouvoir des solutions pilotées par l'Afrique qui accélèrent la prospérité durable sur le continent », a déclaré M. Mubiru.
L'appel à projets ARISE reste ouvert jusqu'au 8 juin 2026 et devrait mobiliser d'importants cofinancements et investissements du secteur privé.
5 Genre, gouvernance inclusive et connaissances qui fonctionnent
Veiller à ce que le financement climatique parvienne aux communautés, en particulier aux femmes, aux jeunes et à la société civile, et promouvoir une participation inclusive sont essentiels pour la légitimité et la viabilité à long terme.
Cécile Ndjebet, présidente du Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts (REFACOF), a salué le Mécanisme spécial de dons des CIF, le qualifiant de modèle efficace qui devrait être étendu afin d'inclure davantage les femmes, les jeunes et les organisations de la société civile. Kidanua Gizaw, coordinatrice des Fonds d'investissement climatiques au Groupe de la Banque africaine de développement, a noté que ce mécanisme aidait à faire le lien entre les plans nationaux d'investissement climatique et les réalités des communautés sur le terrain.
Les sessions consacrées aux plateformes nationales inclusives ont souligné une fois de plus la nécessité d'une participation précoce et significative des parties prenantes à la planification des investissements climatiques. Gareth Phillips, chef de la Division du financement de climat et de l'environnement du Groupe de la Banque africaine de développement, a insisté sur le fait que l'intégration précoce de la dimension de genre et de l'inclusion sociale dans la préparation des projets permet de constituer des pipelines d'investissement plus solides et plus durables.
L'événement comprenait également un salon du savoir et un stand du Groupe de la Banque africaine de développement présentant des outils pratiques, des instruments de financement climatique et les résultats des programmes de résilience et d'énergie propre soutenus par la Banque.
Tout au long de la semaine, les discussions ont confirmé que la conception inclusive n'est pas seulement une question d'équité, mais qu'elle est également essentielle à la réalisation d'investissements climatiques efficaces et bancables.