Le Groupe de la Banque africaine de développement a franchi une étape importante en plaçant les organisations de la société civile, les réseaux de la diaspora africaine et les institutions philanthropiques comme partie prenante dans la mise en oeuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Lors d'un dialogue politique de haut niveau, organisé lundi 4 mai 2026, au siège de l'institution à Abidjan, leaders de la société civile, d'organisations philanthropiques et de la diaspora ont convenu de co-concevoir le cadre opérationnel citoyen de la nouvelle architecture financière africaine.
Cet engagement citoyen sera présenté le 28 mai à Brazzaville, lors d'un événement majeur dédié à la société civile sur le thème : « La société civile, la diaspora et la philanthropie comme accélérateurs de la NAFAD » qui sera organisé lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement qui se tiendront dans la capitale congolaise du 25 au 29 mai.
La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement représente la réponse stratégique du continent face au déficit annuel de financement du développement estimé à 400 milliards de dollars. Cette initiative dont le « D » de « développement », place les populations et les communautés locales non seulement comme bénéficiaires ultimes, mais surtout comme le moteur principal et nécessaire de la croissance continentale. « Qu'il s'agisse de l'ingénieur de la diaspora qui mobilise des capitaux pour son pays d'origine ou de la fondation privée qui oriente ses dotations vers l'agriculture paysanne, la NAFAD place l'humain au coeur de chaque décision financière », a déclaré Didier Acouetey, coordinateur de la NAFAD et conseiller spécial du président du Groupe de la Banque.
Portée par le président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, la NAFAD ambitionne de mobiliser l'épargne intérieure du continent, estimée à 4 000 milliards de dollars, ainsi que les 100 milliards de dollars de transferts annuels de la diaspora et le capital philanthropique africain en pleine expansion pour investir de façon structurée dans le développement de l'Afrique.
Les organisations de la société civile, les réseaux de la diaspora et les organismes philanthropiques, qui sont les plus proches du terrain et des communautés sont appelées à jouer un rôle prépondérant dans la mise en oeuvre de la NAFAD.
« La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement n'est pas une simple proposition de réforme, mais une véritable déclaration de souveraineté financière pour l'Afrique. Le dialogue actuel prouve que le continent est capable de construire son avenir en s'appuyant sur ses propres fondations, en intégrant pleinement les forces citoyennes qui étaient autrefois maintenues en marge des grandes décisions financières », a ajouté M. Acouetey.
Me Fatoumata Sidibé Diarra, cofondatrice de Think Tank Manssah, a souligné la nécessité de passer d'« un simple rôle consultatif à de véritables partenariats de co-investissement » avec les acteurs de la société civile. « L'Afrique n'a plus besoin de nouveaux cadres d'aide, mais de structures d'appropriation permettant à ses communautés et à ses philanthropes d'investir durablement dans le bien-être inclusif des populations », a-t-elle souligné.
La directrice générale de ONE Campaign, Ndidi Okonkwo Nwuneli, a rappelé que la société civile africaine et la diaspora n'attendent pas d'être invitées, car elles sont déjà en train de bâtir cette architecture sur le terrain. Elle a exhorté le Groupe de la Banque à structurer ce partenariat à grande échelle, affirmant que la NAFAD ne tiendra ses promesses que si les acteurs les plus proches des populations en sont les co-concepteurs.
« La qualité des échanges d'aujourd'hui, la profondeur de l'expertise, la générosité d'esprit et la détermination commune à passer du dialogue à l'action correspondent exactement à ce que ce processus visait à produire. La route qui s'ouvre devant nous mène tout droit aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque à Brazzaville, où la société civile, la diaspora et le secteur philanthropique occuperont la place qui leur revient dans la co-construction de l'avenir financier de l'Afrique », a déclaré Zéneb Touré, cheffe de la Division société civile et engagement communautaire à la Banque africaine de développement. Elle a donné rendez-vous aux représentants des organisations de la société civile africaine, de la diaspora et des philanthropies dans la capitale congolaise où ils remettront l'agenda de la mise en oeuvre de la NAFAD aux responsables du Groupe de la Banque.