La réapparition de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo ravive, une nouvelle fois, le spectre d'une catastrophe sanitaire que l'on croyait progressivement contenue. L'Organisation mondiale de la santé a confirmé, en ce mois de mai 2026, l'existence d'une nouvelle flambée épidémique dans la province de l'Ituri, au nord-est du pays, avec plusieurs dizaines de décès déjà enregistrés et des centaines de cas suspects. Les autorités sanitaires redoutent une propagation régionale en raison de la forte mobilité des populations, de la fragilité du système hospitalier et des mouvements transfrontaliers avec l'Ouganda voisin.
Ebola demeure l'une des maladies virales les plus redoutées au monde. Cette fièvre hémorragique aiguë est provoquée par un virus qui se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels d'une personne infectée, notamment le sang, la salive, les vomissements ou les sécrétions. Les animaux sauvages, en particulier certaines espèces de chauves-souris frugivores, sont considérés comme les réservoirs naturels du virus.
Les symptômes apparaissent généralement après une période d'incubation variant de deux à vingt et un jours. La maladie débute fréquemment par une forte fièvre, des douleurs musculaires intenses, une fatigue brutale et des maux de tête persistants. Très rapidement surviennent des diarrhées sévères, des vomissements, des douleurs abdominales ainsi qu'une déshydratation profonde. Dans les formes les plus graves apparaissent des hémorragies internes et externes, des saignements des gencives, des vomissements sanguinolents ou encore des défaillances multiviscérales pouvant conduire au décès.
Les structures hospitalières, débordées, peinent à assurer la continuité des soins ordinaires, favorisant une recrudescence d'autres pathologies telles que le choléra.
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L'histoire récente d'Ebola en Afrique reste marquée par l'épidémie qui frappa l'Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2016. Partie de la Guinée forestière, la maladie s'étendit rapidement au Liberia et à la Sierra Leone avant d'atteindre plusieurs autres pays, dont le Nigeria, le Mali et le Sénégal. Cette épidémie constitua la plus meurtrière jamais enregistrée avec plus de vingt-huit mille cas recensés.
Le Sénégal ne fut touché qu'à travers un cas importé en 2014. Un étudiant guinéen, entré sur le territoire sénégalais alors qu'il était infecté, fut pris en charge à Dakar. Les autorités sanitaires sénégalaises déployèrent alors un important dispositif de surveillance et de traçage des contacts. Grâce à une réaction rapide et coordonnée, aucune transmission communautaire ne fut enregistrée et l'Organisation mondiale de la santé déclara officiellement la fin de la transmission du virus au Sénégal après quarante-deux jours de surveillance renforcée. Cette gestion fut saluée à l'échelle internationale.