Ile Maurice: La première greffe de rein à l'hôpital de Rose-Belle

L'hôpital Jawaharlal Nehru de Rose-Belle a marqué un tournant majeur dans l'histoire médicale du pays, le jeudi 14 mai, avec la réalisation de la toute première greffe de rein effectuée dans le cadre de sa nouvelle unité de transplantation rénale.

Cette intervention inaugure officiellement les services de transplantation spécialisés à Maurice et constitue une avancée significative qui devrait réduire la nécessité de recourir à des traitements à l'étranger pour des interventions complexes.

Une expertise internationale

La greffe a été réalisée par une équipe internationale de spécialistes, en collaboration avec des chirurgiens mauriciens. L'équipe était dirigée par le Dr Sonal Asthana, chef de service et chirurgien spécialisé en transplantation multi-organes à l'hôpital Aster CMI de Bengaluru, en Inde. Il était accompagné des Drs Sanju Sobnach et Bernd Strobele, tous deux spécialistes en transplantation multi-organes à l'hôpital Netcare Christiaan Barnard Memorial de Cape Town, en Afrique du Sud.

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L'intervention a été réalisée à l'aide de la chirurgie laparoscopique pour le prélèvement du rein gauche chez le donneur. Cette technique mini-invasive permet de réduire les complications post-opératoires ainsi que le temps de récupération. Le rein a ensuite été transplanté avec succès chez le receveur.

Une histoire familiale

Cette première greffe repose sur un don familial. Adrien, 22 ans, a offert un de ses reins à sa sœur Eva, âgée de 16 ans. Eva souffre du syndrome néphrotique depuis la petite enfance et dépendait jusqu'ici de la dialyse. Face à l'évolution de sa maladie, la transplantation est apparue comme la seule option durable. Leur mère, Angèle Agathe, mère de quatre enfants, dont un fils autiste âgé de 21 ans, a confié avoir traversé cette période avec beaucoup d'anxiété, mais aussi un immense soulagement au moment de l'intervention.

«Eva souffre d'un syndrome néphrotique. Après plusieurs traitements sans succès, il a été décidé qu'un rein de son frère serait la meilleure solution.», explique-t-elle.

Un tournant pour le système de santé

Cette avancée permet désormais à Maurice de réaliser des transplantations rénales sur son territoire, réduisant significativement les coûts et les délais d'attente pour les patients.

Les autorités ont également annoncé leur intention de développer davantage l'unité afin d'y inclure d'autres interventions complexes, notamment les transplantations hépatiques. L'objectif est de limiter encore davantage les départs de patients vers l'étranger, notamment l'Inde, pour ce type de soins spécialisés. Le ministre de la Santé et du bien-être, Anil Bachoo, a salué le travail des équipes médicales locales et internationales, qualifiant cette réalisation de «progrès exceptionnel».

Il a souligné le rôle déterminant de l'Inde dans la mise en place de cette infrastructure médicale, tout en rendant hommage au Dr Sobnach pour son engagement. Il a également remercié les experts indiens pour leur soutien continu. De son côté, le haut-commissaire de l'Inde à Maurice, Anurag Srivastava, s'est dit fier de cette réussite. Il a rappelé que l'appui du gouvernement indien à l'unité de transplantation rénale s'inscrit dans une volonté de renforcer durablement les capacités sanitaires de Maurice et d'améliorer la prise en charge des patients.

Cette première greffe réalisée à Maurice illustre une coopération médicale internationale renforcée et ouvre la voie à un développement plus large des capacités locales en matière de transplantation. Elle représente également un nouvel espoir pour de nombreux patients nécessitant une greffe d'organe.

Le combat d'une mère face à la maladie de sa fille 

Contactée après l'opération de sa fille Eva, Angèle Agathe a confirmé que l'intervention s'était bien déroulée. «Eva souffre d'un syndrome néphrotique depuis l'âge de deux ans et demi, ce qui l'a conduite à la dialyse. Après plusieurs traitements infructueux, la transplantation est devenue la seule option. Son frère Adrien a été identifié comme donneur compatible. J'avais moi aussi passé des tests, mais je n'étais pas compatible», explique-t-elle.

Le parcours médical a été long et éprouvant, entre examens, consultations et hospitalisations répétées. Pendant cette période, Eva a continué sa scolarité malgré des interruptions fréquentes. Elle a été sous dialyse pendant trois ans, d'abord en dialyse péritonéale, puis en hémodialyse après une infection sévère. Son état nécessitait un suivi médical constant, rendant la scolarité difficile mais toujours possible grâce à des aménagements.

«Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour une transplantation serait possible à Maurice. Cette unité à Rose-Belle est une très bonne chose. Nous n'avons plus besoin de partir à l'étranger, loin du soutien familial», ajoute-t-elle.

Le syndrome néphrotique

Le syndrome néphrotique est une maladie rénale caractérisée par une perte importante de protéines, notamment l'albumine, dans les urines. Cette fuite est due à une altération des glomérules, les filtres du rein. Elle entraîne une diminution du taux de protéines dans le sang (hypoalbuminémie), provoquant des oedèmes, souvent généralisés, ainsi qu'une fatigue et un affaiblissement de l'organisme.

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