Cote d'Ivoire: Protection des données personnelles - Djibril Ouattara présente les progrès réalisés par le pays

À l'heure où l'intelligence artificielle, les plateformes numériques et les données biométriques redessinent les sociétés africaines, les régulateurs du continent veulent parler d'une seule voix.

Experts et autorités du continent réfléchissent à une protection efficace des données personnelles sans freiner l'innovation technologique. La Côte d'Ivoire accueille, du 18 au 21 mai 2026, la 9e Conférence du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (Rapdp/nadpa-rapdp), un rendez-vous continental majeur consacré à la gouvernance numérique et à la protection des droits des citoyens à l'ère digitale.

La cérémonie d'ouverture, tenue hier à Abidjan, a été présidée par le ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, en présence de 24 délégations africaines, d'experts internationaux, de représentants du secteur privé et d'institutions spécialisées.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Dans son adresse, le ministre ivoirien a insisté sur la nécessité pour l'Afrique d'adopter une régulation équilibrée, capable de protéger les citoyens sans freiner l'essor des technologies innovantes. « Le thème qui nous rassemble, "Réguler sans freiner l'innovation", traduit le défi central de notre époque. Il nous invite à réfléchir ensemble pour définir les voies d'une régulation équilibrée, protectrice et adaptée aux réalités africaines », a déclaré Djibril Ouattara.

Le ministre a rappelé les avancées enregistrées par la Côte d'Ivoire dans le domaine de la protection des données personnelles. Parmi elles figurent la loi du 19 juin 2013 encadrant les données à caractère personnel, les campagnes nationales de sensibilisation lancées dès 2015, les opérations de contrôle de conformité réalisées en 2022, ainsi que l'adoption de normes simplifiées et la création en 2026 du fichier national des correspondants chargés de la protection des données.

Pour Djibril Ouattara, la transformation numérique du continent ne saurait prospérer sans un climat de confiance. « La confiance numérique doit devenir le socle de notre avenir et le moteur de notre développement », a-t-il affirmé, réitérant l'ambition de la Côte d'Ivoire de se positionner comme un hub régional de confiance numérique, conciliant cybersécurité, innovation et protection des données personnelles.

Face à un environnement technologique en pleine mutation, marqué par l'essor de l'intelligence artificielle, des objets connectés et des données biométriques, le ministre a plaidé pour un renforcement des institutions nationales de régulation. « Il faut consolider les autorités de protection des données, les ministères en charge du numérique et les organes judiciaires compétents afin de leur donner les moyens juridiques et techniques d'agir efficacement. Il est indispensable d'harmoniser les législations nationales pour que l'Afrique parle d'une seule voix », a-t-il recommandé.

Président du Conseil de régulation de l'Artci, Roger Félix Adom a rappelé que réguler ne signifie pas freiner le progrès. « Réguler ne signifie pas bloquer. Il s'agit de créer un cadre clair, équitable et protecteur qui permette aux innovateurs d'innover tout en garantissant les droits fondamentaux des citoyens », a-t-il soutenu, relevant que les données personnelles touchent à « la dignité, la liberté et la sécurité » des individus.

Le président du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles, Iro Adamou, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d'une coopération renforcée entre les États africains afin de bâtir une gouvernance harmonisée des données personnelles. « Notre responsabilité collective est de trouver le juste équilibre entre la protection des données, les droits fondamentaux et la promotion de l'innovation. Une régulation excessivement rigide pourrait freiner le talent, la créativité et l'ingéniosité des jeunes innovateurs africains », a-t-il averti.

Pour Iro Adamou, l'Afrique ne doit pas demeurer un simple espace de consommation des technologies conçues ailleurs. Au coeur des travaux figurent plusieurs enjeux majeurs : l'encadrement de l'intelligence artificielle, la gestion des données biométriques, les transferts transfrontaliers de données, les risques de cybercriminalité et la protection de la vie privée face à la montée des objets connectés.

Les assises, qui s'achèvent le 21 mai, devraient déboucher sur des recommandations communes destinées à renforcer la souveraineté numérique africaine et à positionner le continent comme un acteur influent des débats mondiaux sur la gouvernance des données. Cette conférence marque également les dix ans d'existence du réseau africain des autorités de protection des données personnelles.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.