Au Centre Epp Emmanuel Dioulo du Plateau, où composent les candidats en situation de handicap moteur, sensoriel ou mental, le ministre de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique (Menaet), Koffi N'Guessan, a salué ce lundi 18 mai 2026, un modèle d'inclusion scolaire fondé sur l'équité. Entre adaptations pédagogiques, assistance spécialisée et plaidoyer des accompagnateurs, cette étape du Cepe 2026 révèle les défis d'une école réellement inclusive.
Au cours de sa tournée des centres d'examen du district d'Abidjan dans le cadre des épreuves écrites du Certificat d'études primaires élémentaires (Cepe), le ministre de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique, Koffi N'Guessan, a marqué un arrêt particulier au centre de composition de l'Epp Emmanuel Dioulo du Plateau, dédié aux candidats en situation de handicap.
Pour cette session 2026, l'établissement accueille 65 candidats à besoins spécifiques, notamment des élèves vivant avec un handicap moteur, sensoriel ou mental, ainsi que des enfants autistes venus de plusieurs localités du pays, dont San Pedro, Bouaké et Korhogo. Répartis dans quatre salles adaptées, ces élèves composent selon des dispositifs spécifiques tenant compte de leurs capacités.
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Sur place, le ministre a tenu à rassurer les candidats et leurs familles sur la volonté du gouvernement de renforcer les mécanismes d'accompagnement pour une meilleure inclusion scolaire. Il a également procédé à la remise de kits scolaires destinés aux enfants en situation de handicap.
Selon Bi Daniel, adjoint au chef d'établissement, l'organisation du centre repose sur des aménagements précis. « Le candidat malvoyant écrit en braille. Ensuite, des techniciens traduisent le contenu sur des copies ordinaires afin qu'aucune distinction ne soit faite lors de la correction », a-t-il expliqué. Des copistes interviennent également dans le processus afin de garantir les mêmes conditions d'évaluation que les autres candidats.
Pour les enfants autistes, des Assistants de vie scolaire (Avs) restent présents durant toute l'épreuve afin de maintenir leur concentration et de favoriser un environnement apaisé.
Sous-directrice de l'Éducation pour tous à la Direction des écoles, lycées et collèges du Menaet, Traha Sylvie a insisté sur la philosophie qui sous-tend ce dispositif. « Nous sommes dans un centre qui règle un problème d'équité pour une éducation inclusive. L'égalité consiste à donner les mêmes chances à tous, mais l'équité tient compte des capacités spécifiques de chacun », a-t-elle souligné.
Elle a par ailleurs annoncé que le ministère équipe progressivement les directions régionales afin que, dans les prochaines années, les candidats à besoins spécifiques puissent composer directement dans leurs régions d'origine.
La visite du ministre a également été l'occasion pour les Assistants de vie scolaire de plaider pour une meilleure reconnaissance de leur statut. Aujourd'hui financés par les familles, ces accompagnateurs représentent une charge importante pour les parents. « C'est au moins 150 000 Fcfa par mois sur toute l'année scolaire. Pour certains parents, c'est difficilement supportable. Nous souhaitons que l'État prenne en compte les Avs pour soulager les familles et garantir à tous les enfants la possibilité de composer », ont-ils plaidé.
Au plan national, 609 384 candidats, dont 303 472 filles (49,80 %) et 305 912 garçons (50,20 %), composent dans 2 763 centres à travers le pays pour les épreuves écrites du Cepe 2026.