La République démocratique du Congo fait face au retour du virus Ebola qui sévit principalement dans la province de l'est d'Ituri. À Bunia, la capitale provinciale, mais aussi dans la zone minière de Mongwalu, à 90 kilomètres environ plus au nord. À Kinshasa, l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), Kinshasa a séquencé ce virus.
Ce séquençage a confirmé la souche du virus : Bundibugyo, mais ce qu'il nous apprend, c'est que cette épidémie 2026 n'a pas de lien avec les deux précédentes de 2007 et 2012, pointe notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi. La maladie a une nouvelle fois traversé la barrière des espèces avec une nouvelle transmission d'animal à être humain.
Ce n'est pas un virus qui aurait circulé de manière silencieuse avant de ressurgir il y a quelques semaines. « Pour le moment, nous n'avons pas encore mis la main vraiment sur le réservoir animal, explique le professeur Jean-Jacques Muyembe, patron de l'INRB et surtout co-découvreur d'Ebola. On soupçonne toujours les chauves-souris. Et comme chez nous en RDC, on consomme beaucoup de chauves-souris, ça peut être la cause de cette épidémie. »
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L'adversaire connu, les spécialistes peuvent alors envisager la réponse. Le professeur Jean-Jacques Muyembe précise que s'il n'y a à ce jour pas de traitement ni de vaccin, ce n'est pas une fatalité. « On va mettre en place des protocoles pour tester les candidats-vaccins et voir si l'on peut obtenir une protection croisée », ajoute le chercheur. L'objectif, c'est d'utiliser les outils disponibles et efficaces sur les autres souches pour voir leur action sur ces nouvelles contaminations. Des recherches précieuses puisque cela fait 14 ans que cette souche d'Ebola n'avait pas été impliquée dans une épidémie.
Deux nouveaux foyers
Selon les chiffres du ministère de la Santé, il y a 435 cas suspects, 116 décès probables, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa. L'épidémie d'Ebola poursuit sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri avec deux nouveaux foyers ont été annoncés lundi soir par les autorités : la ville de Butembo, au Nord-Kivu, et la localité de Nyankunde, en Ituri. À Nyankunde, située à 45 kilomètres au sud-ouest de Bunia, il s'agit d'un médecin américain de l'organisation humanitaire chrétienne Serge, en mission depuis trois ans à l'hôpital local.
Il aurait été contaminé alors qu'il prenait en charge des patients dans cet établissement. Ce médecin s'ajoute à la liste des nombreux soignants infectés depuis le début de l'épidémie. Son épouse ainsi qu'un autre proche, tous deux américains, restent asymptomatiques et ont été placés en quarantaine.
En l'absence de vaccin ou de traitement homologué contre la souche Bundibugyo, les autorités misent essentiellement sur les mesures de prévention pour tenter de freiner la propagation du virus. « Pas de panique. Nous encourageons à observer les mesures barrières, appelle le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya. On va éviter les contacts, y compris avec les morts suivant les rites que nous faisons habituellement. On doit faire attention à éviter des rassemblements. »