Tunisie: Braquages - Vers un durcissement des peines pouvant atteindre 20 ans de réclusion

La commission de législation générale à l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a auditionné, ce lundi, plusieurs experts juridiques dans le cadre de l'examen de deux propositions de loi. La première concerne la révision de certaines dispositions du Code pénal, tandis que la seconde vise à amender la loi n°52 de l'année 1992 relative aux stupéfiants.

Dans une déclaration accordée à la radio, le député Fakhreddine Fadhloun, l'un des initiateurs de la proposition d'amendement de certains articles du Code pénal, a expliqué que cette démarche intervient face à « la recrudescence du phénomène de la violence et des braquages » dans les différentes régions, l'espace public, les transports et sur les routes. Il a estimé que ces délits sont devenus de plus en plus dangereux, allant dans certains cas jusqu'à causer des pertes de vies humaines.

Fadhloun a précisé que la proposition porte essentiellement sur la révision des articles 261, 262 et 264 du Code pénal afin de durcir les sanctions contre les auteurs de « braquages ». Il a indiqué que les peines proposées oscillent entre 12 et 20 ans de prison, avec l'exclusion de l'application des dispositions de l'article 53 relatif aux circonstances atténuantes pour certains de ces crimes.

Une approche globale

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Il a ajouté que les approches sécuritaire et législative demeurent des « solutions immédiates » pour endiguer ce phénomène, tout en insistant sur l'impératif d'adopter une approche globale aux dimensions sociales, éducatives et économiques afin de traiter les causes profondes de la prolifération de la violence et de la criminalité sur le long terme.

Une guerre nationale contre la drogue

Concernant la proposition d'amendement de la loi sur les stupéfiants, le député a souligné que la Tunisie « mène une guerre nationale contre la drogue ». Selon lui, le pays est ciblé par l'introduction de quantités importantes de substances illicites, notamment des comprimés psychotropes destinés à des franges de jeunes et à des populations vulnérables.

Il a appelé à un durcissement des peines liées à la consommation et au trafic, estimant que les sanctions actuelles ne sont pas assez dissuasives. Il a tout de même insisté sur l'importance d'accompagner cette approche répressive par des solutions sociales et des études de terrain afin de limiter ce phénomène à l'avenir.

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