Madagascar a longtemps été une référence du tennis africain chez les jeunes. Plusieurs joueurs malgaches ont dominé leur catégorie d'âge, atteignant les sommets continentaux avant de s'effacer progressivement des radars internationaux. Depuis les soeurs Dally et Natacha Randriantefy, aucune joueuse ni aucun joueur formé localement n'est parvenu à s'imposer durablement au plus haut niveau mondial.
Pourtant, les résultats existent. Madagascar avait réalisé un doublé continental en U14 en 2013. Plus récemment, des joueurs comme Zarah Razafimahatratra, 545e WTA, 22e mondiale juniors en 2012, Lofo Ramiaramanana, top 25 mondial junior en 2007, Toky Ranaivo, Miotisoa Rasendra, Randy Rakotoarilala ou Mahefa Rakotomalala ont intégré le top 3 africain entre 2019 et 2020.
Selon Dina Razafimahatratra, ancien directeur technique national de la Fédération malgache de tennis, ces performances démontrent qu'un travail efficace reste possible à Madagascar. « On fournissait toujours de bons joueurs U14 au classement africain. Avec un encadrement adapté sur place et une participation à environ 75 % des tournois du calendrier africain, il est possible d'obtenir de très bons résultats continentaux », explique-t-il.
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Cette analyse révèle une première réalité : les difficultés ne se manifestent pas nécessairement avant la catégorie U14. Le véritable tournant intervient ensuite, lorsque les exigences du haut niveau deviennent beaucoup plus importantes.
Une transition coûteuse
Pour Dina Razafimahatratra, les difficultés deviennent plus importantes à partir de la catégorie U16. À ce stade, les jeunes joueurs doivent intégrer des structures plus compétitives, bénéficier d'un encadrement spécialisé et surtout s'investir davantage sur le circuit mondial junior U18.
Cette transition représente un coût considérable. Elle implique des déplacements fréquents, la participation à des tournois internationaux, un suivi technique rigoureux, une préparation physique adaptée ainsi qu'un accompagnement médical. Le tennis demeure ainsi l'un des disciplines individuelles les plus onéreuses pour espérer atteindre le professionnalisme.
Ancienne 44e mondiale et actuelle directrice technique nationale de la Fédération malgache de tennis, Dally Randriantefy confirme cette réalité : « Le problème est toujours financier pour poursuivre une carrière. Il faut traverser les océans, disposer de bons coachs, financer les voyages, la préparation physique, mentale, les soins... »
Elle rappelle le soutien de l'Association François-Xavier Bagnoud, qui prenait en charge leurs dépenses jusqu'à leurs 18 ans. Un accompagnement devenu rare aujourd'hui.
Au-delà des moyens financiers, la Confédération africaine de tennis a limité le championnat d'Afrique des U16 aux seize meilleurs joueurs africains ayant les meilleurs classements mondiaux U18. Il n'y a plus de place pour les wild cards.
Les parcours de Tiantsoa Sarah Rakotomanga, native d'Antsirabe aujourd'hui sous nationalité française, ou encore de Tessah Andrianjafitrimo, ancienne 139e mondiale WTA, illustrent l'importance d'un environnement structuré pour accéder à l'élite.