Kenya: La colère de la rue

analyse

Au Kenya, la colère des populations monte face aux augmentations du prix du carburant, qui renchérissent davantage le coût de la vie. Entre avril et le mois de mai courant, le prix de l'essence a bondi de plus de 20% et celui du diesel à environ 45%.

Ce qui a amené la rue à gronder. En début de semaine, notamment le lundi 18 mai, les transporteurs sont allés en grève pour dénoncer ces augmentations de nature à ne pas leur permettre de rentabiliser leur activité et à hausser en général le coût de la vie, déjà insupportable. Ce mouvement d'humeur, émaillé par des violences, a occasionné la mort de quatre personnes et fait des dizaines de blessés.

En attendant qu'une enquête établisse les circonstances des décès et des blessés, la police a mis le grappin sur plus de 300 manifestants. Cette grève parait injustifiée pour le gouvernement kenyan, qui subit les conséquences de la guerre en Iran et du blocage du Detroit d'Ormuz. Fortement dépendant des importations de carburant en provenance du Golfe, le Kenya se trouve dans une situation délicate, qui a contraint ses dirigeants à procéder à des augmentations pour pouvoir tenir la cadence. Si cette situation est indépendante de la volonté des autorités kenyanes, elle les enfonce davantage dans un contexte économique difficile.

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Les Kenyans n'ont de cesse de crier à la « vie chère », mais le bout du tunnel ne semble pas pour demain, avec la crise de l'essence. Les récentes augmentations de carburant ont un effet d'entrainement sur les prix des autres produits et des services. Une triste réalité, que la Chambre nationale de commerce et d'industrie du Kenya a reconnue. Mais que peut véritablement faire ce pays d'Afrique de l'Est, contraint de s'approvisionner en carburant depuis l'extérieur, pour mettre fin à la colère de la rue ? L'Exécutif kenyan peut jouer sur la réduction des taxes sur les produits pétroliers ou les subventions, pour soulager les consommateurs.

Ces options peuvent toutefois mettre à rude épreuve les finances publiques et amener les autorités à faire des coupes ou à renoncer à certains projets de développement. En tous les cas, le gouvernement kenyan a le dos au mur, lui qui est censé travailler à faciliter la vie des populations, à faire en sorte qu'elles sortent de la misère. Du reste, le Kenya est coutumier de ces genres de manifestations contre la vie chère.

On se rappelle de celles relatives au projet de loi des finances 2024, qui avait fait l'objet d'une désapprobation publique, à cause des hausses d'impôts qu'elle impliquait. Au pouvoir depuis septembre 2022, le Président, William Ruto, a du pain sur la planche, lui qui a promis changer positivement la vie de ses compatriotes. Les manifestations contre les augmentations du coût du carburant rappellent, que son plus gros défi est la lutte contre la vie chère.

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