Un oncle reconnu coupable d'attentat à la pudeur a été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d'une amende de deux millions d'ariary.
Détenu provisoirement à Tsiafahy depuis septembre 2025, un homme a comparu lundi devant la Cour criminelle ordinaire, dans la salle 5 du tribunal d'Anosy. Il était poursuivi pour le viol de sa nièce âgée de 5 ans à Anosibe, des faits qu'il a toujours contestés.
Les débats, la faiblesse des preuves et surtout l'absence de la partie civile, qui aurait pu rendre le procès contradictoire, ont conduit le juge à requalifier l'accusation de viol sur mineure de moins de 10 ans en attentat à la pudeur. Les conclusions médicales ont épargné à l'accusé une peine de travaux forcés à perpétuité. Il a finalement été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d'une amende de deux millions d'ariary.
Selon le dossier, la plaignante avait découvert des indices inquiétants en s'occupant de sa fille. Après l'avoir examinée, elle l'avait conduite chez un médecin, qui avait conclu à des abus sexuels et l'avait orientée vers le Centre Vonjy de Befelatanana, spécialisé dans la prise en charge des victimes d'agressions sexuelles. Le rapport médico-légal avait par ailleurs relevé des signes compatibles avec une infection sexuellement transmissible (IST).
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Déclarations
Au départ, l'enfant avait refusé de parler à sa mère. Mais devant les médecins, elle avait mis en cause son oncle. L'accusé a nié les faits. Le juge lui a rappelé que les déclarations de la fillette étaient restées constantes devant la police, le juge d'instruction et lors de l'enquête de fond. Il a souligné qu'il était difficile d'imaginer qu'un enfant de 5 ans puisse répéter spontanément et de manière cohérente la même version des faits devant plusieurs instances, et a demandé à l'accusé pourquoi sa nièce l'aurait désigné plutôt qu'une autre personne.
L'homme a suggéré que ce procès était lié à un différend successoral avec la mère de l'enfant. Son avocat commis d'office a reconnu avoir hésité à défendre un prévenu accusé de viol sur une fillette de 5 ans, mais a estimé que les preuves étaient insuffisantes. « Des analyses auraient dû être réalisées concernant l'IST. On ignore si cet homme est malade ou qui a transmis la maladie à l'enfant. Rien ne permet de confirmer qu'il est l'auteur des faits, d'autant que plusieurs personnes vivent dans la même concession », a plaidé le défenseur.
L'avocate générale, pour sa part, a souligné qu'on ne pouvait pas minimiser les déclarations de l'enfant, mais qu'il fallait aussi tenir compte des débats. Elle a finalement laissé l'affaire à l'appréciation de la Cour.