Abidjan a abrité, du 18 au 21 mai, la 9ᵉ Conférence du Réseau africain des Autorités de protection des données personnelles (RAPDP), sur le thème : « La régulation des technologies innovantes : « Enjeux, défis et perspectives des autorités de protection en Afrique ». Après deux jours d'échanges intenses, une cérémonie de clôture s'est tenue le mardi 19 mai à l'hôtel Radisson Blu, marquant une étape clé dans les travaux de cette rencontre continentale.
Un appel à l'action au-delà de la conférence
Au moment de clore la phase des travaux, le directeur général de l'ARTCI, Lakoun Ouattara dans son discours de clôture, a insisté sur la nécessité de traduire les recommandations d'Abidjan en actions concrètes. « La neuvième conférence du RAPDP s'achève, mais le travail commence », a-t-il déclaré.
Pour lui, la portée réelle de cette rencontre dépendra de la mise en œuvre « patiente, rigoureuse et coordonnée » des décisions prises.
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Réaffirmant l'engagement de son institution, il a déclaré officiellement closes les assises, tout en appelant à poursuivre la dynamique initiée à Abidjan dans les différents États africains.
Des échanges « intenses et féconds » salués par l'ARTCI
Toutefois, Lakoun Ouattara, directeur général de l'Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d'Ivoire (ARTCI), s'est félicité pour la qualité des discussions menées.
« Au terme de deux journées d'échanges intenses et féconds, il me revient l'honneur de prononcer le mot de clôture », a-t-il déclaré à l'ouverture de son allocution.
Le responsable de l'Artci a salué des travaux qui ont permis de dégager des orientations fortes pour l'avenir de la protection des données à caractère personnel en Afrique.
Un soutien institutionnel réaffirmé au plus haut niveau
Dans son intervention, Lakoun Ouattara a exprimé sa reconnaissance au président de la République, Alassane Ouattara, pour « sa confiance renouvelée » à l'endroit de l'ARTCI, notamment à travers la nomination de nouveaux membres du Conseil de régulation.
Il a également adressé ses remerciements au ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, dont « la vision éclaire au quotidien » l'action de l'Autorité, ainsi qu'au ministre de l'Intérieur et de la Sécurité. La présence de ce dernier à la cérémonie d'ouverture a été jugée hautement symbolique.
« À l'ère numérique, protéger les données, c'est aussi protéger les personnes, les institutions et la souveraineté de l'État », a-t-il souligné, mettant en évidence le lien étroit entre protection des données, cybersécurité et sécurité publique.
Trois enseignements majeurs des travaux
« La déclaration finale issue des discussions a permis de dégager trois principaux enseignements, selon le Directeur général de l'ARTCI », a-t-il souligné, citant la centralité de la protection des données. Qui, dit-il, n'est plus une composante secondaire, mais un pilier essentiel de la transformation numérique en Afrique, au même titre que la connectivité et la cybersécurité. Egalement, il a cité le passage à l'effectivité qui selon lui, après les principes, place désormais à leur application concrète à travers l'exercice des droits, les contrôles, les sanctions et la conformité. Il a fini par la nécessité d'une réponse coordonnée. En disant que face aux défis globaux comme l'intelligence artificielle, les plateformes numériques ou les menaces cyber, « la réponse sera africaine, coordonnée, ou ne sera pas à la hauteur des enjeux ».
Quatre engagements opérationnels de l'ARTCI
Dans le prolongement des orientations adoptées, l'ARTCI a pris quatre engagements majeurs, a indiqué le Dg de l'Artci.
Lakoun Ouattara a parlé de renforcer la protection des citoyens, en modernisant les mécanismes de traitement des plaintes pour plus de rapidité, d'accessibilité et de transparence ; d'accompagner les acteurs publics et privés, notamment les administrations, entreprises et startups, vers une conformité effective grâce à des outils pratiques et un dialogue technique renforcé.
Il a aussi pointé du doigt le développement de l'expertise sur les enjeux émergents, notamment l'intelligence artificielle, la biométrie, l'identité numérique et les transferts transfrontaliers ; et la contribution à une position africaine forte, en participant activement à la coordination continentale sur les grandes questions numériques internationales.
Ces engagements ont insisté le directeur général, « ne sont pas des intentions », mais s'inscrivent dans la feuille de route stratégique de l'institution, sous l'impulsion du nouveau Conseil de régulation.
Une mobilisation continentale saluée
Lakoun Ouattara a également rendu hommage à l'ensemble des acteurs ayant contribué au succès de la conférence : autorités africaines de protection des données, partenaires techniques et financiers, experts, équipes organisatrices et médias.
Il a, en particulier, salué le rôle du RAPDP et de son secrétariat, ainsi que les contributions des différentes délégations venues de tout le continent.