Quatre personnes ont comparu hier devant le tribunal de Moka sous une accusation provisoire de using firearm to endanger life, au lendemain d'une nuit de violence qui a plongé le village de Camp-Thorel dans la panique.
Les quatre suspects sont Noorani Hajee Jamalsah, 49 ans, homme d'affaires et exploitant du chassé Hémisphère de l'Est, Gael Rydley Jullien Noel Bernard, 23 ans, Krishna Rajen Luchmedu, 49 ans, et Windsley Gerard Celeste, 44 ans, ont ensuite été reconduits en cellule policière. La Criminal Investigation Division (CID) s'étant opposée à leur remise en liberté. La question de la caution sera débattue en cour aujourd'hui.
L'enquête a été officiellement ouverte à la suite de deux plaintes formelles déposées par des policiers - un agent et un sergent - qui affirment avoir été agressés lors de leur intervention sur les lieux. Les deux officiers se trouvaient à proximité d'un kiosque près de l'arrêt de bus de Camp-Thorel, où plusieurs personnes se retrouvaient en fin d'aprèsmidi, lorsque la situation a dégénéré.
Un quad, des bagarres
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Au cœur de l'affaire : le chassé Hémisphère de l'Est, exploité depuis environ deux mois par Noorani Jamalsah en partenariat avec un habitant de Camp-de-Masque. Samedi, ce dernier s'était rendu sur les lieux avec sa famille pour une journée de détente.
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incident a éclaté vers 17 h 50 à proximité du parcours de santé du village. Alors que Jamalsah rangeait un quad dans un véhicule Mitsubishi, des habitants présents près d'un kiosque lui auraient reproché d'avoir circulé sur le parcours avec son engin. Une dispute verbale a rapidement dégénéré en affrontement physique, au cours duquel un habitant de Camp-Thorel âgé de 47 ans a été blessé à la tête et à la main.
Peu après, des informations faisant état de coups de feu tirés en l'air se sont répandues dans le village, déclenchant un mouvement de panique et de colère. Selon les déclarations recueillies par les enquêteurs, un membre du groupe Jamalsah aurait utilisé une arme à feu et tiré deux coups en l'air durant les échauffourées. Aucune arme n'a cependant été retrouvée lors des fouilles effectuées sur les personnes et dans les véhicules.
En quelques minutes, des dizaines puis des centaines de personnes ont convergé vers les lieux. La famille Jamalsah, encerclée par une foule hostile, a tenté de fuir à travers une zone boisée. Malgré la présence policière, le véhicule Mitsu- bishi et le quad à bord ont été incendiés.
Incendies, évacuations
La tension est montée davantage avec l'afflux de villageois des localités avoisinantes, contraignant les autorités à déployer des unités de la Special Support Unit. Vers 22 heures, un nouvel épisode de violence a éclaté : une Nissan blanche appartenant à la famille Jamalsah, remorquée sous escorte policière, a été interceptée et incendiée par la foule à une centaine de mètres du lieu principal des incidents. Les membres de la famille ont finalement pu être évacués en sécurité via la forêt et la région de Salazie, et conduits au poste de police de Saint-Pierre.
L'enquête de la CID s'est poursuivie toute la nuit. Noorani Jamalsah a dû être transféré à la clinique Premium Care à Phoenix, victime d'un malaise à l'issue de plusieurs heures d'interrogatoire ; des officiers de la CID se sont rendus sur place pour lui notifier les charges provisoires retenues contre lui. Deux autres individus entendus dans le cadre de l'enquête - un étudiant de 22 ans domicilié à Beau-Bassin et un employé de 26 ans résidant à Rose-Hill - ont été libérés après leur audition.
Par ailleurs, des interrogations subsistent quant à la légalité de l'activité exercée au moment des faits. Nous avons sollicité le ministère de l'Agro-industrie, afin de déterminer si les utilisateurs disposaient d'un permis autorisant la pratique du quad biking, et si les engins étaient dûment enregistrés et conformes. Le ministère nous a indiqué qu'une enquête est actuellement menée sous la supervision du département des Forêts concernant les activités du chassé.