Maroc: L'affaire Pegasus - Le gouvernement espagnol disculpe le pays et désavoue le Parti populaire

L'affaire Pegasus refait surface en Espagne. Alors que le Parti populaire espagnol manoeuvre pour relier le Maroc à ce scandale d'espionnage, le gouvernement de Pedro Sánchez a fermement rejeté ces accusations, déliant Rabat de toute implication dans la célèbre affaire du logiciel israélien.

Dans une réponse parlementaire citée par le média espagnol «The Objective», l'exécutif socialiste a opposé une fin de non-recevoir aux questions répétées des députés du Parti populaire (PP). Ces derniers cherchaient à savoir si le présumé espionnage des téléphones portables de hauts responsables espagnols, y compris celui du président du gouvernement lui-même, avait été évoqué lors de rencontres bilatérales avec le Maroc, et si cet incident avait altéré les relations diplomatiques entre Madrid et Rabat.

«Ce sujet ne fait pas partie des relations bilatérales avec le Maroc», a sèchement rappelé l'exécutif, réaffirmant que la coopération stratégique entre les deux capitales prime sur toute polémique non étayée. Sans ambiguïté, le gouvernement a évité de cautionner la moindre accusation contre le Maroc, insistant sur le fait que les liens hispano-marocains reposent sur le «bon voisinage» et la «coopération», non sur des soupçons non vérifiés.

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A rappeler qu'en mai 2022, les autorités espagnoles révélaient que les téléphones de Pedro Sánchez et de plusieurs de ses ministres avaient été infectés par le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group. L'onde de choc fut considérable. L'Audience nationale ouvrit une enquête, mais celle-ci fut finalement classée, faute de preuves concluantes et en raison du refus des autorités israéliennes de coopérer.

Dès le début, le Maroc a catégoriquement nié toute implication dans cette affaire, dénonçant des accusations fallacieuses et sans preuves relayées par certains médias et responsables politiques espagnols dans le but désespéré de nuire aux intérêts du Royaume.

En avril 2024, le gouvernement espagnol a officiellement indiqué que le Maroc n'avait pas espionné le téléphone de Pedro Sánchez. En effet, Oscar Lopez Agueda, directeur de cabinet de la présidence du gouvernement espagnol, a formellement démenti les accusations fallacieuses portées à l'encontre du Maroc concernant le prétendu piratage du téléphone du président du gouvernement espagnol.

Un rapport de l'Agence espagnole de contre-espionnage (relevant de la Présidence du gouvernement espagnol) publié en mars 2024, a totalement blanchi le Royaume de toute accusation d'espionnage et d'ingérence dans les affaires intérieures de l'Espagne. Les conclusions dudit rapport ont été on ne peut plus formelles et déterminantes, réduisant à néant toutes ces viles accusations cherchant à mêler le Maroc à quelques activités d'espionnage qui auraient concerné le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires de l'Etat espagnol, à l'aide, prétendait-on, du logiciel Pegasus.

Les conclusions de ce rapport espagnol rejoignent au fait celles auxquelles étaient parvenues d'autres sources gouvernementales espagnoles en mars 2023 notamment. Il y était stipulé que ces accusations relevaient de la simple spéculation.

Les allégations d'espionnage via le logiciel Pegasus ciblant plusieurs pays ont par ailleurs fait l'objet de critiques sur les plans juridique et scientifique et de démentis de la part de hauts responsables espagnols, en novembre 2022, lors d'auditions devant une commission du Parlement européen qui enquêtait sur l'utilisation du logiciel Pegasus.

En outre, le Centre national de renseignement espagnol (connu sous le nom de Centro national de inteligencia-CNI) a balayé d'un revers de la main la thèse nauséabonde selon laquelle le Maroc aurait «piraté» des informations sensibles du téléphone portable du chef du gouvernement espagnol.

Ce démenti cinglant a été relayé par le site d'information espagnol El Confidentiel, qui a souligné, dans un article publié mercredi 15 juin 2022, que les services secrets ont «réfuté la théorie selon laquelle le changement de position sur le Sahara serait dû à un chantage au président en l'accusant d'avoir commis des «erreurs» dans l'accueil de Ghali et de faiblesse envers les Etats-Unis».

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