Plus d'un an après le début de l'enquête judiciaire sur les 12 décès de patients sous dialyse, survenus à l'hôpital de Souillac durant la pandémie de Covid-19 en 2021, les audiences se poursuivent toujours devant la cour de Curepipe. Proches des victimes, médecins et fonctionnaires du ministère de la Santé se sont déjà succédé à la barre devant la magistrate Shavina Jugnauth. Mais pour plusieurs familles et représentants des patients, le temps commence à peser lourdement.
Le secrétaire de la Renal Disease Patients' Association,Bose Soonarane, estime que l'enquête n'avance pas assez vite. « Cela fait déjà un an et on ne voit pas grand-chose qui a été fait », déplore-t-il. Selon lui, certaines familles endeuillées n'ont même pas encore eu l'occasion de témoigner en cours. Il cite notamment les proches d'Azad Romjhon et de Chandra Kumar Subratty, qui attendent toujours de pouvoir s'exprimer sur cette tragédie ayant profondément marqué le pays. « On sait que durant cet épisode, les mots sont difficiles à trouver tellement, cela a été traumatisant. Lors des précédentes dépositions, plusieurs personnes présentes dans la salle n'ont pas pu retenir leur émotion », explique-t-il.
Mais au fil des mois, l'élan autour de l'affaire semble s'être essoufflé. Pour Bose Soonarane, ce ralentissement ne serait pas imputable à la magistrate, mais plutôt à des complications liées aux documents médicaux nécessaires à l'enquête. « Le retard est surtout dû à la disparition des dossiers des patients au niveau du ministère de la Santé. Le représentant du Directeur des poursuites publiques, Me Jean-Michel Ah Sen, fait son possible pour obtenir tous les renseignements et documents nécessaires afin de pouvoir soumettre un rapport solide », affirme-t-il. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations au sein des familles des victimes et des associations concernées. «Où sont passés ces dossiers ? Ce sont des documents essentiels pour situer les responsabilités », insiste le représentant de l'association.
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Au-delà des lenteurs administratives, Bose Soonarane affirme également que les proches des victimes attendent surtout que toute la lumière soit faite sur cette affaire. « Il ne faut pas se voiler la face. Ceux qui ont commis des fautes graves continuent à circuler librement, sans être inquiétés. Certains pourraient même obtenir des promotions alors qu'ils étaient en poste pendant cette période du Covid-19», soutient-il.
Pour les familles, l'objectif reste clair : obtenir justice et faire en sorte que les éventuels responsables répondent de leurs actes devant la justice. La prochaine audience dans cette affaire est prévue le 23 juin devant la cour de Curepipe.