Trois ambassadeurs ont été nommés en Conseil des ministres mardi. Parmi eux, Ny Hasina Andriamanjato, ancien ministre et ancien PDS de Tana, très proche de Moscou.
Pour une surprise, c'en est une, même si, depuis quelques mois, il était pressenti pour le poste d'ambassadeur malgache à Moscou. Le Conseil des ministres de mardi a confirmé la nomination de Ny Hasina Andriamanjato. Un choix controversé pour une partie de l'opinion, étant donné qu'il faisait partie de ceux qui ont porté Andry Rajoelina au pouvoir en 2009. Il a d'ailleurs été ministre des Affaires étrangères en 2009-2010, pendant la Transition. Ensuite, il a été nommé PDS de la capitale, où sa mission a été un fiasco.
À un moment où le mouvement des Gen Z réclamait le changement, la nomination de Ny Hasina Andriamanjato a un relent de « trahison », selon un membre de cette organisation.
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Cela en a l'air, effectivement, mais le gouvernement a de solides arguments pour l'avoir choisi. Contacté, le ministère des Affaires étrangères est resté motus et bouche cousue à toutes les sollicitations. Il est vrai que l'affaire est délicate, mais le choix s'est porté sur un homme qui connaît bien la Russie, ou plutôt l'URSS, à l'époque où l'AKFM-KDRSM, le parti de son père, Richard Andriamanjato, était très proche du Kremlin. Il y a fait toutes ses études supérieures avant de revenir au pays et de prendre la tête du ministère des Postes et Télécommunications du gouvernement Albert Zafy, de 1993 à 1996, puis de celui de Ratsiraka, de 1998 à 2002.
L'homme qu'il faut
Il est l'homme de la révolution des télécommunications, avec l'introduction des téléphones portables fixes, des cabines téléphoniques et, plus tard, des téléphones mobiles.
Il parle couramment le russe et ne sera pas dépaysé. C'est donc l'homme qu'il faut à la place qu'il faut, à un moment où le gouvernement intensifie la coopération avec la Russie, comme en témoigne la visite officielle du colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, à Moscou, où il a eu un entretien avec son homologue russe, Vladimir Poutine.
Puis il y a eu la remise de chars et d'armes à l'armée malgache par le gouvernement russe. « Une coopération appelée à se développer très vite et dans tous les secteurs, à l'image de l'arrivée prochaine d'une compagnie pétrolière russe annoncée par le colonel Michaël Randrianirina », rappelle une source auprès de la Présidence.
Autant de raisons qui expliquent que le gouvernement a fermé les yeux sur le passé du nouvel ambassadeur. Il perpétue d'ailleurs une tradition datant de l'époque de Ratsiraka, où les ambassadeurs en URSS étaient des membres du parti AKFM-KDRSM. Cela n'a changé qu'avec l'arrivée de Marc Ravalomanana au pouvoir en 2002. Deux autres ambassadeurs ont été nommés durant ce Conseil des ministres, en l'occurrence Alain Manajary Razafimbelo en Allemagne et Lanto Rahajarizafy aux Nations unies.