Élu à la tête de la Fecofa au terme d'une élection sans adversaires, Véron Mosengo-Omba, ex-secrétaire général de la CAF, promet de « refonder pour structurer et structurer pour gagner ». Mais son début de mandat sera escorté par autant d'espoirs que de fractures au sein du foot congolais.
Ce mercredi 20 mai, Véron Mosengo-Omba a été élu pour quatre ans président de la Fédération congolaise de football dans le silence d'un scrutin joué d'avance. Pas de duel à la tribune, pas de second tour, pas de suspense : un seul nom sur le bulletin, le sien. La commission électorale avait déjà donné le ton en publiant la liste définitive des candidats pour ce scrutin du 20 mai. Entre les recalés et les abandons, le paysage s'était peu à peu vidé, laissant seul en piste l'ancien secrétaire général de la CAF, élu dans un fauteuil avec 60 voix glanées sur 65.
Mais cette élection, que les textes valident, ne fait pas l'unanimité sur les gradins de l'opinion sportive. Jean-Claude Mukanya, ancien capitaine des Léopards et membre de la Direction technique nationale, ne mâche pas ses mots. Pour lui, la dynamique de cette élection ne porte pas la cohésion autour de la sélection nationale de la RD Congo.
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« Ces élections vont nous diviser à coup sûr », prévient-il. L'ancien Léopard avait même fait appel à la CAF et à la FIFA avant la tenue du scrutin : « À la FIFA et à la CAF, nous leur demandons l'ouverture d'une enquête sérieuse afin, enfin, que les lumières soient faites sur le processus électoral en République démocratique du Congo », avait-il demandé.
Attendu au tournant
Dans la même veine, Patrice Mangenda, candidat recalé, a saisi la Commission d'éthique de la Fifa. Il parle de « graves irrégularités » dans le processus électoral.
Face à ces critiques, Véron Mosengo-Omba avance avec l'ambition de donner un nouvel élan au foot congolais. « Au cours de ma carrière, j'ai eu le privilège de servir le football à l'international, et aujourd'hui, j'ai fait le choix de mettre cette expérience au service direct de notre pays, de notre football », avait déclaré l'ancien secrétaire générale de la CAF lors de sa campagne.
Véron Mosengo-Omba avance un programme dont le slogan claque comme un manifeste : « Refonder pour structurer, structurer pour gagner ». Son projet tient en quatre axes stratégiques, déployés en onze priorités. D'abord, « refonder la Fecofa et restaurer la confiance » pour redonner de la crédibilité à une institution contestée. Ensuite, « organiser des compétitions régulières, crédibles et équitables » et « restructurer et professionnaliser les clubs ».
Dans un pays où le football féminin reste trop souvent à la marge, l'objectif de « faire du football féminin une priorité » est également un bon signal.
Reste à savoir si ces promesses de refondation parviendront à dépasser les soupçons qui entourent son élection. Pour Véron Mosengo-Omba, le plus difficile commence maintenant, sur un terrain où la victoire se jouera autant dans les bureaux que sur la pelouse.