Congo-Kinshasa: Des femmes casseuses de pierres peinent à couvrir les besoins de leurs ménages à Mbuji-Mayi

Des centaines de femmes qui cassent et vendent des pierres de la rivière Lubilanji, à Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental), disent éprouver des difficultés à assurer la survie de leurs familles.

Réagissant mardi 19 mai sur Radio Okapi, ces femmes affirment vivre une précarité économique extrême, car leurs revenus dépendent du volume de graviers produits, souvent vendus à des prix dérisoires. Elles gagnent en moyenne entre 5 000 et 10 000 FC par jour, un montant insuffisant pour couvrir les besoins essentiels d'un ménage. Une travailleuse, le visage couvert de poussière, témoigne :

« Ce travail nous détruit, mais c'est le seul qui nous reste ».

« Nous cassons les pierres pour nourrir nos familles, scolariser nos enfants, les vêtir et payer le loyer. Nous n'avons plus rien d'autre à faire. Nous voulons que vous puissiez nous aider à obtenir les documents légaux pour l'association que nous avons initiée ici », a indiqué l'une d'elles.

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Dès les premières heures du matin, les femmes du quartier Mbinza, dans la commune de Dibindi, parfois accompagnées de leurs enfants, descendent dans le lit de la rivière Lubilanji. Elles soulèvent de lourds blocs de pierre, les brisent à coups de marteau, puis trient les éclats pour en faire des graviers.

Jeanne Kabangu explique que ce travail présente des risques :

« Mon travail est de concasser les pierres manuellement. Pour y parvenir, je dois d'abord chercher les pierres dans la rivière Lubilanji. En cette période, nous avons des difficultés à les trouver facilement. Avec la montée des eaux, nous pouvons glisser, et parfois nous ne récupérons que du sable et quelques graviers ».

Casser les pierres à longueur de journée, ce geste répétitif, laisse des séquelles visibles, comme le témoigne Nana Njiba.

« J'ai des douleurs lombaires chroniques, des blessures aux mains et aux pieds, des troubles respiratoires liés à la poussière, et une fatigue excessive due à la posture accroupie prolongée », a-t-elle indiqué.

Pour certains observateurs, ces femmes, qui portent à bout de bras une activité essentielle pour la ville, méritent d'être vues, entendues et protégées.

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