La station balnéaire de Saly-Portudal a accueilli hier la première édition du Forum régional des partenaires de Blue Ventures en Afrique de l'Ouest. Les délégations des cinq pays, notamment le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert et le Ghana, vont échanger sur les défis communs de la surexploitation halieutique, plaidant pour une gestion concertée des écosystèmes marins qui ignorent les frontières. D'où la nécessité pour les partenaires de travailler à une alliance régionale pour la protection et la sauvegarde des ressources marines.
« Ce n'est pas une réunion de plus. » Tel est L'avertissement résonnant pour les trois jours d'échange et de partage des différentes délégations réunies à Saly-Portudal, sur la Petite Côte sénégalaise, où se tient le premier Forum régional des partenaires de Blue Ventures (BV) en Afrique de l'Ouest. Face à l'épuisement accéléré des ressources halieutiques, la rencontre pour la conservation marine a réuni des acteurs venus du Sénégal, de Gambie, de Guinée-Bissau, du Cap-Vert et du Ghana.
Les délégations des cinq pays participants vont échanger sur les défis communs de la surexploitation halieutique, plaidant pour une gestion concertée des écosystèmes marins qui ignorent les frontières. « La crise est là et le besoin est criant », a lancé la Directrice régionale de Blue Ventures, Nono F. Diedhiou.
Dès lors, un objectif vital est fixé, sortir des logiques nationales pour construire une réponse collective, à la hauteur d'un constat simple : les poissons ne connaissent pas les frontières. « Aucune organisation ne peut agir seule », a martelé Mme Juanco Diodio, Directrice régionale de Blue Ventures pour l'Afrique de l'Ouest. Dans son allocution d'ouverture, elle a insisté sur l'urgence de régénérer des écosystèmes côtiers dont dépendent des milliers de communautés, entre sécurité alimentaire, emploi et résilience climatique.
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L'originalité de Blue Ventures, saluée par plusieurs participants, tient à sa méthode. Celle-ci consiste à partir des besoins des communautés pour élaborer des stratégies, mécanismes et projets. Contrairement à de nombreuses interventions du secteur, l'ONG BV ne « s'impose en rien », a souligné Abdou Karim Sall, président du Comité de gestion des Aires marines protégées (AMP) du Sénégal et responsable de l'AMP de Joal-Fadiouth. « Elle travaille directement avec les communautés et construit ses interventions à partir des besoins exprimés par les acteurs locaux. » Un accompagnement technique et un appui à la conservation qui ont permis, selon lui, des avancées tangibles en matière de cogestion des pêcheries.
Les échanges d'hier ont mis en lumière plusieurs initiatives sous-régionales. En Guinée-Bissau, les participants ont cité le leadership du pays autour de l'interdiction de la production de farine et d'huile de poisson - une mesure jugée essentielle pour préserver les stocks et garantir l'alimentation des populations côtières. Au Sénégal, en Gambie et au Ghana, des efforts sont menés pour renforcer les systèmes communautaires, améliorer la collecte de données halieutiques ou encore soutenir les femmes transformatrices.
Le forum intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal. Dakar accueillera, en mars 2027, le sixième Congrès mondial sur les Aires marines protégées, une première en Afrique. « Une opportunité majeure pour faire entendre la voix des communautés côtières ouest-africaines », ont rappelé les organisateurs.
Interpellé sur un arrêté controversé actuellement en débat au Sénégal, Abdou Karim Sall a toutefois préféré éviter toute polémique, rappelant que le forum se voulait un « cadre d'échanges sous-régionaux » consacré aux enjeux communs, non aux querelles nationales.
Au terme des discussions, les acteurs ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue et de consolider les partenariats. « Nos communautés savent depuis toujours qu'on ne pense pas à la mer seul », a conclu Mme Juanco Diodio. Une formule qui résume l'ambition de ce premier forum : faire émerger, de la Gambie au Ghana, une véritable communauté régionale de la conservation marine.