Le député de l'opposition et président de la Public Accounts Committee, Adrien Duval, a animé une conférence de presse hier pour revenir sur plusieurs sujets évoqués lors de la séance parlementaire de mardi. Adrien Duval est d'abord revenu sur ses questions parlementaires concernant les interceptions téléphoniques. Selon lui, les systèmes d'écoute sont toujours opérationnels. Il a reconnu que ces outils peuvent être nécessaires dans le cadre de la sécurité nationale, de la lutte contre le terrorisme et de la prévention du crime, mais estime que leur utilisation doit être strictement encadrée.
Le député de l'opposition affirme que le système actuel fonctionne «dans l'opacité totale» et réclame davantage de transparence. Il a cité l'exemple du Royaume-Uni, où une commission parlementaire exerce un contrôle sur les organismes d'investigation et où des rapports sont présentés au Parlement concernant les écoutes effectuées. «À Maurice, on n'a pas de cadre légal suffisant», a-t-il soutenu, tout en rappelant les controverses liées à l'affaire Missie Moustass. Selon lui, nier l'existence d'enregistrements téléphoniques reviendrait à «prendre les Mauriciens pour des imbéciles».
Adrien Duval a ensuite évoqué la Banque de Maurice et les directeurs de supervision. Il s'est interrogé sur l'absence d'enquête appro- fondie après les révélations faites au Parlement concernant environ Rs 25 milliards liés à des fraudes, «toxic loans» ou disparitions de fonds dans quatre banques. Selon lui, certaines personnes occupant des postes de supervision sont toujours présentes dans différentes institutions, malgré les critiques formulées.
Le député a aussi dénoncé la TVA appliquée sur l'essence et le diesel. Il estime que le gouvernement a réalisé des gains supplémentaires de Rs 344 millions en six mois grâce à cette taxe. «On est en train d'étrangler la population», a-t-il déclaré, réclamant l'abolition de la TVA sur les carburants afin de soulager les consommateurs.
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Autre sujet soulevé : les dépenses liées à la mission mauricienne à Addis-Abeba. Adrien Duval affirme qu'un complexe diplomatique construit en 2022 pour environ Rs 238 millions n'est toujours pas occupé par l'ambassadeur, alors que des logements et même un hôtel seraient financés par l'État pour héberger ce dernier. Selon lui, cette situation représente un «gaspillage de fonds publics».
Le député a également critiqué le temps accordé à l'opposition au Parlement. Il a affirmé que depuis le départ dePaul Bérenger du gouvernement, il peut désormais effectuer son travail parlementaire dans de meilleures conditions et estime même que l'attitude de la speaker à son égard s'est améliorée.