Nouveau revers judiciaire pour l'ancien Premier ministre. En effet, le tribunal de Pamplemousses a débouté Pravind Jugnauth hier, rejetant la motion qu'il avait introduite dans le cadre de l'enquête instruite par la Financial Crimes Commission (FCC) à son encontre par rapport à la saisie, chez l'homme d'affaires Josian Deelawon, de trois valises et d'un sac contenant Rs 113,8 millions et que ce dernier avait dit appartenir à l'ancien Premier ministre.
Au coeur du litige : une condition de caution qui lui interdit tout contact avec les témoins de l'affaire. L'ex-chef du gouvernement réclamait tout simplement de savoir à qui il n'a pas le droit de parler. Une demande qui peut paraître anodine, mais qui, selon sa défense, le place dans une situation juridiquement périlleuse. Avocat en exercice et figure politique active, il croise chaque jour des dizaines de personnes et risque, sans le vouloir, de se retrouver en violation de ses conditions de liberté.
La magistrate Bheema Bhoyroo n'a pas suivi ce raisonnement sur le plan procédural. Elle a conclu que la requête ne constituait pas une demande de modification des conditions de caution et qu'elle sortait, par ailleurs, du cadre légal de compétence du tribunal.
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Mais c'est là que la décision a pris une tournure inattendue. Tout en rejetant la motion, la magistrate Bhoyroo a tenu à exprimer son malaise face à cette situation. Laisser un prévenu dans le flou total sur l'identité des témoins avec lesquels il lui est interdit d'interférer est, selon ses propres termes, «inacceptable».
Pravind Jugnauth reste donc sous contrôle judiciaire, toujours provisoirement inculpé de blanchiment d'argent pour avoir, selon l'accusation, orchestré la dissimulation de Rs 113,8 millions à travers l'homme d'affaires Josian Deelawon. Des accusations qu'il continue de nier fermement. L'enquête, elle, suit son cours.