Lors d'une réunion organisée hier mercredi, Saliou Mbodji, le président du comité de gestion de l'aire marine communautaire protégée de la Somone a tenu à clarifier la situation face aux polémiques et accusations entourant la gestion de cet espace naturel protégé. Outre l'aire marine protégée, cette réserve polarise par la lagune, ainsi que les villages de la Somone, Sorokhassap, Thiafoura et Nguéréo situés dans les communes de Somone et Sindia .
Devant plusieurs acteurs et parties prenantes, il a fait l'historique de la réserve, son cadre légal ainsi que les enjeux environnementaux liés à sa préservation. Selon lui, l'initiative de protection de la Somone remonte à 1999, avec une délibération du Conseil rural prise à la demande des populations locales elles-mêmes. Il a expliqué que cette dynamique est née dans le sillage de l'expérience de la réserve naturelle communautaire de Popenguine, portée notamment par des groupements de femmes engagées dans la restauration de la mangrove et la sauvegarde des écosystèmes côtiers.
Le président du comité a souligné que plusieurs années d'efforts ont permis la reconstitution progressive de la mangrove et la consolidation d'un système de gestion communautaire. C'est dans ce contexte qu'un comité de gestion a été officiellement mis en place vers 2007, avec l'accompagnement des services techniques de l'État et des partenaires engagés dans la gestion intégrée des ressources marines et côtières.
Il a rappellé que toutes les activités menées dans la réserve sont encadrées par un règlement intérieur élaboré avec les populations et validé avec l'appui des services compétents. L'objectif, a-t-il dit, est de préserver les ressources naturelles tout en favorisant des activités économiques compatibles avec la protection de l'environnement.
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Revenant sur l'évolution de l'aire protégée, il a précisé qu'à l'origine, l'espace concerné couvrait environ 700 hectares. Aujourd'hui, la superficie protégée atteint 4 098 hectares, principalement grâce à l'extension de la zone maritime, tandis que la partie terrestre est restée intacte.
Selon lui, cette extension répond à une nécessité de conservation face à une pression foncière de plus en plus forte autour de la lagune. « Beaucoup de personnes cherchent à s'installer à proximité de la réserve et tentent progressivement de grignoter les espaces protégés », a-t-il dénoncé.
Face aux accusations d'accaparement foncier relayées par certains acteurs, le président du comité de gestion rejette catégoriquement ces allégations. Il affirme que le comité n'a jamais cherché à récupérer les terres des paysans, rappelant même que des discussions avaient été engagées avec certains propriétaires terriens afin de les accompagner dans des activités agricoles compatibles avec la vocation écologique du site. Pour lui, certaines revendications cacheraient davantage des intérêts spéculatifs que de véritables projets agricoles. « Certains veulent surtout obtenir ces terres pour les revendre », a-t-il estimé.
Le responsable a insisté t sur le fait que les zones concernées sont classées non aedificandi et que les citoyens peuvent se rapprocher des services du cadastre, des domaines ou des structures administratives compétentes pour vérifier les informations relatives au statut foncier de l'espace.
Dans son intervention, il a replacé cette problématique dans le contexte plus large des défis environnementaux mondiaux. Réchauffement climatique, érosion côtière et montée des eaux imposent, selon lui, une politique rigoureuse de préservation des espaces naturels.
Il a rappelé que le Sénégal a ratifié plusieurs conventions internationales sur l'environnement et bénéficie de mécanismes internationaux de financement liés à la protection des écosystèmes et à la lutte contre les changements climatiques.
Le président du comité a enfin évoqué l'organisation prochaine au Sénégal d'une importante rencontre internationale des aires marines protégées prévue en 2027. Il estime que cette échéance doit pousser tous les acteurs à privilégier l'unité et la concertation plutôt que les conflits.
La Somone, qui a récemment accueilli une cérémonie de lancement liée à cet événement international, entend ainsi poursuivre son engagement en faveur de la conservation environnementale et du développement communautaire durable.