À Ziguinchor l'augmentation brutale du coût de la vie plonge de nombreux foyers dans une précarité croissante. Entre chute des revenus, une crise économique persistante et la suspension de plusieurs bénéficiaires des bourses de sécurité familiale, de nombreuses familles ne parviennent plus à subvenir à leurs besoins vitaux. Ce sentiment de désespoir progresse rapidement au sein d'une population locale déjà lourdement éprouvée par les répercussions du conflit casamançais.
« La vie est chère et difficile ici ». À Ziguinchor cette phrase revient avec insistance dans les quartiers populaires, les marchés et les foyers confrontés à une précarité de plus en plus étouffante.
Les ménages déjà fragilisés par une conjoncture économique morose disent vivre aujourd'hui au bord de l'asphyxie. Au quartier Boucotte, Madame Sané ne cache plus son désarroi. Commerçante au marché, elle raconte les difficultés quotidiennes auxquelles sa famille fait face. « Nous n'arrivons plus à joindre les deux bouts. Le peu que je gagnais dans le petit commerce ne résout même pas le dixième de mes problèmes. Le panier de la ménagère ne tient plus » se désole-t-elle, visiblement épuisée par la cherté de la vie.
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La situation devient encore plus préoccupante avec la suspension des bourses de sécurité familiale. Une décision qui accentue la vulnérabilité de plusieurs familles déjà en grande difficulté. Membre de l'Association régionale des personnes handicapées de Ziguinchor, Abdou Diedhiou affirme vivre un véritable calvaire depuis la suppression de son aide sociale. « C'est avec cette bourse que je parvenais à régler quelques petits problèmes. Aujourd'hui, je ne bénéficie plus de cette aide et je n'ai même pas été informé. Je suis là avec ma famille, sans soutien ni rien. J'ai l'impression qu'on veut nous pousser à mendier dans la rue, mais je ne le ferai jamais », lance-t-il avec amertume. Le père de famille confie ne plus être capable d'assurer le minimum pour ses enfants. « Je souffre énormément. Je n'arrive même plus à satisfaire les besoins essentiels de ma famille », ajoute-t-il.
Dans cette région du sud du Sénégal déjà durement éprouvée par les conséquences économiques et sociales du conflit casamançais, la précarité semble gagner davantage de terrain. Le ralentissement de plusieurs activités économiques combiné à la hausse généralisée des prix, fragilise des milliers de familles. Face à cette situation, beaucoup de ménages se rabattent désormais sur la campagne de commercialisation de l'anacarde devenue pour certains, l'unique espoir de survie. Mais malgré cette bouffée d'oxygène temporaire, l'inquiétude reste profonde. A Ziguinchor de nombreuses familles vivent aujourd'hui dans le désarroi total entre incertitudes, pauvreté croissante et peur du lendemain.