Afrique: Six entreprises officiellement autorisées à exploiter des gisements de phosphate à Matam

Matam — Au total six entreprises minières détiennent des autorisations d'exploiter du phosphate ou d'en faire la prospection dans la région de Matam (nord), a-t-on appris du chef du Service régional des mines, Ibrahima Bâ.

Sur les six sociétés minières autorisées à exploiter ou faire des recherches, seules deux entreprises, la Société minière de la Vallée (SOMIVA) et West Wind, ont déjà démarré l'exploitation de sites qui leur ont été attribués, a dit M. Bâ dans un entretien avec l'APS.

La SOMIVA, la plus ancienne entreprise minière évoluant dans la région et également la plus grande contributrice au niveau local au budget national, exploite le phosphate dans les communes de Ndendory et de Hamady Hounaré, dans le département de Kanel.

La West Wind, pour sa part, exploite des sites à Ogo (Matam) et Boyinadji (Kanel), alors qu'Amafrique est en phase de prospection à Dabia, Agnam et Oréfondé dans le département de Matam, selon M. Bâ.

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Dans la commune de Sinthiou Bamambé-Banadji, c'est la société Kanel Ressources qui a obtenu l'autorisation d'exploiter un site, mais tarde toujours à démarrer ses travaux, d'après le chef du service régional des Mines, de même que Baobab Minerals.

L'entreprise SOMA a repris, sur le site de Waly Diala, dans la commune d'Orkadiéré, une mine auparavant exploitée par une autre société.

Des populations locales continuent de s'opposer à l'exploitation de sites de phosphates découverts dans la région.

La commune de Hamady Hounaré, par exemple, réclame une hausse de la patente versée par la SOMIVA lors des sorties des camions transportant du phosphate à destination du Port autonome de Dakar.

De même certains riverains jugent insuffisantes les actions de responsabilité sociétale d'entreprise (RSE) déroulées par les sociétés présentes dans la zone, malgré les appuis que la SOMOVA apporte à l'endroit des acteurs religieux, des étudiants, des écoles ou encore aux équipes de football.

À Agnam, récemment, les populations se sont opposées à la prospection d'une entreprise ayant pourtant un permis depuis dix ans.

Sur le site, des affrontements ont éclaté vendredi dernier entre des éléments de la gendarmerie de la Brigade des Agnam et des jeunes de la commune.

Une foreuse a même été détruite, obligeant le gouverneur de la région de Matam, Said Dia, à convoquer une réunion, dimanche, à la sous-préfecture des Agnam, en présence des maires des trois communes concernées, à savoir Dabia, Oréfondé et Agnam. Des chefs de village, des représentants de jeunes, de femmes et des conseillers municipaux ont aussi pris part à cette rencontre.

Au terme de cette réunion de plus de trois heures, le chef de l'exécutif régional a pris la décision de suspendre les travaux de prospection en attendant que "tout soit mis en ordre".

Selon le rapport 2024 de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les entreprises minières présentes dans la région de Matam ont contribué à hauteur de 5 milliards 600 millions de francs CFA en recettes pour l'État, dont plus de 5 milliards versés par la SOMIVA et le reste par les autres sociétés.

D'après ce document, le phosphate exploité dans ces différents sites est vendu au Mali, aux Pays-Bas et en Suisse.

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